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C’est le film sénégalais «Bamum Nafi», qui a remporté le grand prix du Festival Vues d’Afrique. Cette année, la première édition numérique de Vues d’Afrique à Montréal a rendu son palmarès et un mode d’emploi pour réussir un festival digital. Entretien avec Kotimi Guira, chargée de la programmation.

Le palmarès 2020 de Vues d’Afrique a couronné Le Père de Nafi, de Mamadou Dia, dans les catégories Meilleur film de fiction et Meilleur acteur. Au-delà du vote, comment le public a-t-il réagi, discuté, interagi par rapport aux films africains ?
On a eu beaucoup de retours. D’abord pour nous féliciter pour notre courage d’avoir transformé un festival physique en festival numérique en moins d’un mois. Ensuite, le public nous a dit avoir apprécié la sélection de films. Il y avait deux ou trois films avec des débats sur Facebook parce que c’est aussi l’âme de notre festival, l’interaction du public avec les réalisateurs.
Combien d’internautes-festivaliers ont suivi cette édition numérique de Vues d’Afrique ?
C’était extraordinaire. On ne s’attendait pas à ce nombre. Même si l’on attend encore les chiffres officiels, on a eu environ 50 000 visionnements pour les films. Certains films ont dépassé les 10 000 vues. Tout était exceptionnel : le nombre de vues, la couverture médiatique, l’appréciation du public, parce qu’on a permis à tous les Canadiens d’avoir accès à nos contenus. C’était une première depuis que le festival existe. En temps normal, on a normalement autour de 10 000 personnes qui passent dans nos salles pour voir les films. Cette année, on a multiplié le nombre par cinq, et même plus, parce que les gens ont regardé les films parfois en groupe ou en famille.
Grâce aux statistiques disponibles de cette édition numérique, connaissez-vous aujourd’hui mieux les goûts et les attentes de votre public ?
Concernant le goût, je pense qu’ils veulent voyager, découvrir. Tout le monde hors de l’Afrique souhaite connaître d’autres facettes de l’Afrique que celles véhiculées par les médias. Souvent, les médias racontent : «L’Afrique, c’est la misère.» Notre public est toujours enthousiaste de voir dans des films par exemple des gens qui savent recycler, qui sont conscients du changement climatique et de la nécessité de changer leur comportement. Pour cela, depuis 36 ans, le public est toujours enthousiaste de découvrir une autre image de l’Afrique.
Vues d’Afrique est également un rendez-vous très important pour les cinéastes, producteurs et distributeurs africains. Comment les professionnels ont-ils vécu cette édition numérique ?
Au début, il fallait renégocier les films, à l’origine destinés à être projetés en salles. On a attendu que les ayants droit donnent leur accord. Quelques-uns étaient réticents, ce qui est compréhensible, parce qu’il y a des questions commerciales derrière. Par exemple, quand ils avaient donné déjà leur accord pour d’autres festivals au Canada. Mais tous les autres étaient tellement contents de présenter leur film dans tout le Canada. Car c’est l’objectif de tous les réalisateurs, quand ils prennent leur caméra, que le résultat soit vu par beaucoup de gens. Donc, ils étaient là pour nous soutenir et accompagner.
Après l’expérience de cette année, selon vous, quelle est la chose la plus importante pour réussir un festival numérique ?
La chose la plus importante, c’est d’abord la volonté. Après, il faut trouver la plateforme. Et il faut que les réalisateurs se montrent coopératifs. Ensuite, il y a la communication. Plus les gens savent que le festival existe, plus ils vont aller voir et passer l’information. Ces quatre éléments sont la base pour réussir un festival numérique.
Rfi

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