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Tradition oblige, le président de la République s’est plié à la remise des cahiers de doléances des principales centrales syndicales du pays. Macky Sall entend perpétuer «la culture de la négociation» de sorte à ce que les fruits de la croissance soient équitablement répartis. Il annonce aussi un vote en vue, par l’Assemblée nationale, du Code de la presse, après son adoption prochaine par le Conseil des ministres.

Comme à l’accoutumée, le cortège des organisations syndicales a défilé devant le chef de l’Etat, lui présentant solennellement leurs cahiers de doléances. Cette année, l’accent a été notamment mis sur la liquidation du passif social, un passif sur lequel le secrétaire général de la Cnts/Fc (Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Force du changement), Cheikh Diop, s’est longuement attardé. Il a ainsi expliqué que «passer d’un syndicalisme de lutte à celui d’alerte nécessitait avant tout de liquider le passif social». Par passif social, il entend l’application des accords signés dans l’éducation, la santé ou le secteur industriel. Il a par ailleurs fustigé les «mauvaises privatisations» à l’instar de celle de la Sodefitex (Société de développement et des fibres textiles du Sénégal) qui, selon lui, dépérit du fait du délaissement de la filière coton au Sénégal. Autre cible de son allocution, les investisseurs asiatiques à l’image de ceux à la manœuvre dans la construction de l’autoroute Ila Touba qui «ne respectent pas le Code du travail sénégalais».
Du côté de la Fgts (Fédération générale des travailleurs du Sénégal) et de la Csa (Confé­dé­ration des syndicats autonomes), la remise au goût du jour de conventions collectives sectorielles dépassées datant d’avant l’indépendance et la réticence d’une partie du patronat à faire appliquer l’âge de départ à la retraite à 60 ans concentrent l’essentiel de leurs revendications.
Mademba Sock, secrétaire général de l’Unsas (Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal), a pointé la montée du chômage et surtout «sonné le tocsin» concernant «les dysfonctionnements dans l’organisation des élections représentatives pour laquelle il n’existe aucun consensus au sein des centrales outre les irrégularités constatées telles que l’existence de doublons».
Le président de la République, fidèle à son apologie du dialogue dans les relations interprofessionnelles, a indiqué que «de­puis 2012, il n’y a eu aucune ingérence de l’Etat du Sénégal dans la gestion des syndicats». Il entend donc perpétuer «la culture de la négociation» de sorte à ce que les fruits de la croissance, dont il n’a pas manqué de relever qu’elle était en hausse continue, soient équitablement répartis.
Sur la question du passif social, le Président Sall a expliqué aux syndicalistes : «Vous pouvez être rassurés que nous travail­lons ensemble sur l’apurement progressif et durable du passif social.» Il a  également salué les efforts faits dans la prise en charge des cahiers de doléances de 2013, 2014 et 2015 qui, d’après lui, ont tous été vidés.
bdavid@lequotidien.sn

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