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Les festivités commémoratives du Houmeubeul, qui perpétue encore la tradition en pays diola, ont donc démarré le 27 septembre dernier dans le royaume du Bubadioum Ayi qui a à sa tête sa Majesté le roi Sibiloumbaye et qui polarise 17 villages. Cette cérémonie organisée annuellement au niveau de la royauté d’Oussouye et qui remonte depuis la nuit des temps est constituée de deux phases fondamentales : la phase culte et la phase culturelle. La phase culte peu connue du grand public constitue la première phase du Houmeubeul. Une étape exclusivement marquée par des pratiques cultuelles, telles des libations, réservées au roi et qui se manifestent pendant 15 jours au niveau du bois sacré.
Pour Souleymane Diédhiou, le chargé de communication du roi d’Oussouye, cette démarche s’inscrit dans le cadre de la recherche de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale aux niveau local, départemental, régional voire national, etc.; Une phase culte qui participe également, à l’en croire, à la rééducation de l’individu. «Quand on commet des actes scandaleux, répréhensibles, c’est au moment de cette phase culte que les méfaits commis et leurs auteurs sont dénoncés à travers un langage que seuls les initiés peuvent décoder», a souligné Souleymane Diédhiou. Pour ce dernier, cette phase culte se déroule en prélude à la phase culturelle. Une seconde étape du Houmeubeul pendant laquelle sont organisées des activités culturelles telles les danses, des percussions, des prières et des combats de lutte traditionnelle très prisées dans cette contrée du Kassa ; et une ultime phase qui met fin à cette grande cérémonie au niveau de cette royauté.

Une royauté d’Oussouye née vers les années 1400
Kahinda, Oussouye, Karounate, Siganar, Nialobodji, Essaout, Oukout, Boukitingho, Carounate, constituent, entre autres, les 17 villages traditionnels qui composent la royauté d’Oussouye. Des localités qui s’étendent sur une partie du département d’Oussouye, dans le département de Bignona et au-delà des frontières du Sénégal, notamment en Guinée-Bissau ou on enregistre deux royaumes faisant partie de cette royauté, celui d’Essoukoudiack et de Kaloueye.
Sur l’historique de cette royauté, le chargé de communication de la cour royale informe qu’elle a vu le jour vers les années 1400 et a à sa tête aujourd’hui le roi Sibiloumbaye Diédhiou, 17ème roi d’Oussouye, intronisé le 17 janvier 2000 après une vacance royale de 16 ans. «Le roi d’Oussouye n’est ni désigné ni nommé. Ce sont les sages qui font des sacrifices auprès des fétiches pendant des mois, des années ; ce sont ces fétiches qui vont au finish décliner le profil voire l’offre de la personne adéquate pour diriger le royaume», fait savoir Souleymane Diédhiou. Pour le chargé de communication du roi d’Oussouye, c’est après que celle-ci fut décliner que les sages s’attèlent à l’intronisation du roi. «Et aussitôt il perd son prénom initial hérité de ses parents. Ainsi, Olivier est devenu Sibiloumbaye après son intronisation comme roi d’Oussouye», renseigne-t-il.

Les fonctions du roi d’Oussouye
Pour le chargé de communication de la cour royale d’Oussouye, le roi comme première fonction est le garant de la paix, mais aussi de la cohésion sociale. Sa Majesté le roi Sibiloumbaye est également, poursuit-il, le médiateur de son royaume, l’homme qui réconcilie au niveau de son royaume ; non seulement la réconciliation mais aussi l’unification du royaume. Une unification qui se manifeste, selon lui, à travers cette cérémonie annuelle appelée Houmeubeul. «Une cérémonie religieuse organisée pour non seulement unifier le royaume mais permettre le partage dans la joie, permettre à tous d’être ensemble pendant quelques jours», soutient Souleymane Diédhiou. D’après toujours ce dernier, le roi veille en outre à ce que chaque habitant ait à manger en distribuant le riz issu des champs royaux.

Quid des familles régnantes ?
Le roi Sibiloumbaye Diédhiou est le 17ème roi de la royauté d’Oussouye issu d’une des familles régnantes. Seulement pour le chargé de communication de la cour royale, ce royaume fonctionne à travers deux villages : celui de Kahindeu où le roi est choisi à travers deux concessions, celle des Diatta et des Sambou et celui du village d’Oussouye en tant que tel. Et au niveau du village d’Oussouye, le roi est choisi au niveau de la concession de Givent avec les familles Diabone et Diédhiou, mais également de la concession de Hebireuye avec la famille Diédhiou. «Le royaume ici n’est pas héréditaire, le trône ne s’hérite pas ; il n’y a pas donc pas donc de princes héritiers mais des princes tout court», confie M. Diédhiou.

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