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A cause du Covid-19, le Maroc a fermé ses frontières aux touristes depuis 10 mois. Pour la première fois, le royaume chérifien a accordé l’autorisation à 1 000 Sénégalais de venir se recueillir sur la tombe du fondateur de la Tidjane. 110 ont déjà fait la ziara. Une rotation sera faite pour atteindre les 1 000 pèlerins.

C’est un ouf de soulagement que vont pousser Marocains et Sénégalais. Le mausolée de Cheikh Ahmed Tidjane, fermé depuis 10 mois à cause du Covid-19, a rouvert ses portes ce 17 décembre. Les premiers à y mettre les pieds sont des Sénégalais. Ils sont ainsi 110 privilégiés à avoir prié et s’être recueillis devant Cheikh Ah­med Tidjane. «Nous avons la chance de faire la ziara et de nous approcher du petit-fils de Cheikh Ahmed Tidjane. Il n’était pas facile de voyager avec cette pandémie. Mais il faut faire avec. Nous apprenons de cette maladie la solidarité. Nous sommes plus attentistes dorénavant. Nous avons le sentiment de nous rapprocher encore plus de notre religion après avoir effectué la ziara. En 2004, je suis venu ici seul. C’est mon 2ème passage», a réagi Babacar Guèye. Qui cherchait ses mots tant sa satisfaction était incommensurable. Les Sénégalais ne sont pas les seuls à se réjouir de cette reprise des activités. En effet Fez, faisant partie des 4 villes impériales du Maroc, pèse lourd dans le tourisme dans le royaume. «Au Maroc, après les phosphates et l’agriculture, c’est le tourisme le 3ème pilier de l’économie. Le Maroc est resté 10 mois sans recevoir des touristes. Le tourisme religieux représente 30% du tourisme au Maroc. C’était une nécessité de commencer par ce secteur qui est déjà organisé. C’est pourquoi ils ont voulu faire l’expérience en commençant par le Sénégal», a expliqué Modou Kane, à la fois propriétaire d’un réceptif hôtelier, représentant du consul général dans la région et s’occupant de placer les quelques 45 mille Séné­galais qui faisaient chaque année la ziara dans les hôtels. Pour lui, «c’est une lueur d’espoir que de voir les Séné­galais à Fez».
Bien qu’étant pour le moment que 110 personnes, les Sénégalais représentent un espoir pour les réceptifs hôteliers négativement impactés par le Covid-19. Les agences de voyage locaux aussi y voient leur compte. «C’est la première fois que les voyagistes organisent la ziarra de manière collective. On avait l’habitude de venir de manière isolée, lors des Maouloud ou la Nuit du prophète. Nous nous rendons compte que c’est une chose à pérenniser. Les pèlerins en avaient besoin. Pour un fidèle de Cheikh Ahmed Tidjane qui avait l’habitude de venir ici et qui s’est vu interdire la ziara, ça constitue un vide. C’est une expédition test. On est venu avec 110 pèlerins. Nous allons faire des rotations pour atteindre les 1 000 pèlerins», a déclaré Ndiassé Gningue. Le directeur du Consortium ziara Fez a rappelé que «c’était une grande contribution de l’Office national du tourisme marocain à travers son directeur pour l’Afrique. Mehdi a introduit une demande d’autorisation aux autorités marocaines qui nous ont accordé 1 000 pèlerins. A partir de ce moment, nous nous sommes concertés avec les autres agences de voyage pour mettre sur pieds le Consortium ziara Fes».

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