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Ils constituent une faible population de citoyens d’ethnie balante dans le département de Vélingara, en haute Casamance. N’empêche, ils sont dynamiques, solidaires et enclins à vulgariser leur culture. Le week-end passé, les «Bijas», autre nom des Balantes, ont organisé des journées culturelles pour faire connaître leurs figures marquantes et leurs origines.

Pour la réécriture de l’histoire générale du Sénégal, le Professeur Iba Der Thiam peut compter sur l’historien-chercheur Sény Sadio et éviter ainsi de s’attirer les critiques des membres du groupe ethnique balante. L’historien a animé une conférence samedi passé sur le thème «Balanto ou Bijaa, figures marquantes et origines». C’était à Vélingara, en haute Casamance, à l’occasion de la 4ème édition des journées culturelles de l’Association Gandia des Balantes de ce département de la région de Kolda.
Devant un auditoire clairsemé, le conférencier a enseigné que le patronyme balante est donné par les Mandingues, suite à leur opposition farouche à la volonté du roi mandingue Tira Manka Traoré, qui a voulu marcher sur leur terroir qui se trouvait dans l’actuelle province du Wouly (Haute Gambie/Moyenne et Haute Casamance) pour aller conquérir le Gabou après une expédition victorieuse au Djolof. Intrépides devant l’arsenal de guerre du roi mandingue, les «Bijas» se sont entendus surnommés «Balanto» ou révoltés indomptables. Cette guerre, selon M. Sadio, a duré 35 ans, entre 1240 et 1275. Ce trait de caractère révolutionnaire a poursuivi les membres de ce groupe ethnique jusqu’en 1905, année pendant laquelle ils se sont opposés aux volontés hégémoniques du gouverneur de Cacheu et mieux, ceux qui ont pris les armes aux côté du Paigc pour l’indépendance de la Guinée-Bissau sont majoritairement d’ethnie balante.
Le «révolté intrépide» contemporain est le général Tag Mé Nawai qui a combattu Ansoumana Mané et l’irrédentisme casamançais dans ce pays. Quid du Président Coumba Yala, premier Bissau-Guinéen de race noire diplômé en médecine, également d’ethnie balante.

Des figures marquantes
Saar Goumba, Aréna Mansaly, Nthiama Gnaba et on en oublie… sont des résistants d’ethnie balante qui se sont opposés aux colons français dans leur volonté hégémonique, celle de leur faire avaler des vertes et des pas mûres ou encore d’exploiter leurs ressources naturelles. Toutes sont des figures du 20ème siècle. Ils sont soit des oracles qui indiquent la bonne attitude et la bonne position à leurs troupes ou des chefs de guerre intrépides dont les flèches ne ratent pas leurs cibles et n’en reçoivent par la grâce de leurs dieux païens.
A l’endroit de ses hôtes du Fouladou, le conférencier a insisté : «Apprenez à vos enfants à parler la langue ! Un Peuple qui ne parle pas sa langue perd son identité. C’est le cas de Mayas et des Coptes d’Egypte. Un Balante qui ne parle pas la langue n’est pas Balante. Il n’y a pas de sang balante. Le sang est transcommunautaire. Si je manque de sang, ce n’est pas forcément chez un Balante qu’on ira prélever pour m’en inoculer.»
L’objectif de ces journées est de «vulgariser la culture balante loin de nos terres natales, enseigner à nos enfants nés au Fouladou leur culture et renforcer la solidarité entre membres de la communauté et mieux raffermir notre intégration dans le Fouladou», a renseigné Idrissa Mansaly, président de l’Association Gandia des Balantes de Vélingara.
Au menu des journées, outre la conférence, il y a eu une dégustation de mets traditionnels spécifiques à la communauté et une soirée dansante animée par l’orchestre Nthiama Gnaba. Les parrains des manifestations sont le maire de la commune de Djibanar Ibou Diallo Sadio, la conseillère des Collectivités territoriales Fatoumata Niane Ba et le président du Conseil départemental de Vélingara Ibrahima Diawadou Barry.
Les «Bijas» vivent actuellement dans le département de Goudomp, région de Sédhiou, précisément entre le rio San Domingo et le rio Diba en Guinée-Bissau.
akamara@lequotidien.sn

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