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Accompagner les agriculteurs du Sénégal et du Mali dans l’élaboration des accords de licence en vue d’avoir des semences de qualité, c’est à cet exercice que la Fondation Syngenta en Afrique de l’Ouest, basée au Mali, s’est attelée. Dr Oumar Niangado, généticien sélectionneur, délégué de la fondation, a expliqué mercredi, lors d’un atelier de formation, qu’ils veulent «faire des accords de licence entre les entreprises semencières et les obtenteurs de variétés comme les sélectionneurs et les producteurs». Et cela, dit-il, «nécessite qu’on discute beaucoup. Pour le moment, nous allons former tous les partenaires qui sont là. Ensuite, les éclairer de ce que sont les accords de licence et faire des exercices d’élaboration d’accords de licence entre une entreprise semencière qui souhaite avoir une variété et un obtenteur, par exemple le sélectionneur de l’Isra (Institut sénégalais de recherche agricole : Ndlr) en charge du programme arachide pour qu’ensemble ils puissent mettre des semences de base de qualité».
Pour mettre en œuvre ces pratiques, ces agriculteurs seront accompagnés par un cabinet d’avocats, Sidley, qui va les aider à comprendre les textes pour enfin élaborer les accords de licence. «Ces semences doivent être sous le contrôle de la législation et la réglementation semencière. Les gens sont capables de vous vendre du tout-venant comme semence. C’est pour cela qu’il faut se mettre ensemble. L’Etat a un rôle à jouer dans ce contexte, les acteurs semenciers doivent aussi protéger leurs semences. Sinon tout le monde peut se lever et vendre des semences qui ne sont pas de qualité», a précisé le délégué de la Fondation Syngenta en Afrique de l’Ouest. Dr Niangado soutient que la semence est la clé de voute du programme de développement de tout pays qui veut avoir une agriculture de qualité. Mais, souligne l’expert, la filière semencière est confrontée dans les Etats à plusieurs problèmes. «C‘est en ce sens qu’on s’est dit qu’il faut que nous nous fassions accompagner par des juristes, car aujourd’hui tout le monde parle de droit de propriété intellectuelle, de droit d’obtention variétale, mais en Afrique de l’Ouest, jusqu’à présent, cela n’est pas une réalité», regrette-t-il. A son avis, la meilleure option pour les agriculteurs, c’est la variété. «On ne peut pas parler des variétés sans parler des techniques agronomiques qui doivent l’accompagner. Une variété à laquelle vous n’apportez pas un minimum de fertilisation, même si c’est la matière organique, vous n’arriverez pas à en tirer le minimum si vous ne protégez pas la variété un tant soit peu. La semence est la clé de voute, mais l’accompagnement des variétés avec des techniques culturales, les bonnes pratiques agronomiques, c’est ça qui permet d’assurer la productivité», a enseigné le délégué de la Fondation Syngenta.
aciss@lequotidien.sn

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