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Nos marchés, revoyons-les. Si ce n’est pas l’insalubrité, c’est l’insécurité. Ils ne répondent pas aux normes de l’esprit et du ventre. Malgré cela, les têtes s’entêtent et continuent leur quête de recettes sans pincettes. La situation est regrettable. L’égoïsme émerge. L’indivi­dualisme prime sur le collectif sous l’autel des intérêts crypto-personnels. Un mal profond qui semble ancré en nous. Nous, bien sûr, une société émotive, mais pas préventive. Prompte à pleurer sur son sort sans jamais tirer les enseignements des évènements malheureux. Que notre mémoire est si courte ! Pourquoi n’arrivons-nous pas à saisir la balle au rebond ? Et comprendre que la pauvreté ne justifie pas de tels risques souvent consécutifs à des pertes en vies humaines ou la ruine d’honnêtes hommes qui ont investi dans le secteur du commerce. Les catastrophes dans les marchés sont très fréquentes ces dernières années. Tou­jours aucune réaction, si­non des discours vides de sens aux allures de leurres conceptuels pour donner aux esprits le temps d’oublier et de renouer avec les vieilles et dangereuses habi­tudes. Le marché Gueule-Tapée est une véritable bombe à retardement. Le danger s’approche, on le voit venir, mais on ferme les yeux. Une négligence, voire une complicité difficile à admettre.
La cohabitation est dangereuse, la proximité effra­yante, la quiétude insolite. Il ne suffit que d’une petite erreur ou d’une fausse manœuvre des chauffeurs pour qu’il y ait catastrophe. Les citoyens sont responsables au premier rang. Ils trouvent bons tous les moyens pour s’enrichir sans se préoccuper de la santé ou de la sécurité. Une inconscience inconcevable dans un axe stratégique et incontournable, caractérisé par les ordures, l’odeur et l’étroitesse de la route. La plupart des commerçants sont des femmes. Elles sont certes braves, mais exposées de jour en jour. Leur courage louable serait mieux s’il était accompagné d’un minimum de prise de conscience. L’occupation de l’espace est illégale ou pas, c’est aux autorités d’en décider, mais tout ce qui est légalement admis n’est pas moralement faisable. Le discernement s’impose, la passivité doit être dépassée pour laisser la place à une gestion lucide, rigoureuse et efficace. L’Etat peut être fort, respecté et craint sans être violent.
Le constat est le même partout. Et il est plus gênant à Thiaroye-Sur-Mer et à Thiaroye Gare. Les marchands étalent leurs articles sur les rails. En les observant, impossible de ne pas s’interroger sur les motivations de ces actes. Un commerce difficile, car c’est une perpétuelle course poursuite avec les agents de sécurité. Avec le train aussi. Dès qu’ils l’aperçoivent, ils se précipitent pour plier bagages et se déplacer laborieusement. Dès lors, des décisions doivent être prises pour parer à d’éventuels évènements malheureux. Et surtout rompre avec les discours empreints d’émotions et vides d’actions. Dans la plupart des marchés, il n’y a pas de programmes de prévention contre les flammes. L’in­cendie du marché Ndoum­bé Diop de Diourbel du mois dernier est encore tout frais. Là aussi, l’amateurisme des autorités a encore sauté aux yeux, surtout avec la non-application des recommandations faites par la Protection civile en 2016. Le bilan serait moins lourd si le marché était doté d’une bouche d’incendie ou de voie d’accès pour les camions citernes. La localité la plus touchée depuis quelques années est la région de Kaolack. Le marché central prend feu presque tous les ans. Le 26 juin dernier, un violent feu a occasionné une perte de 40 millions de francs et envoyé au chômage des pères de famille. Et toujours pas de précautions pour mettre fin à ces catastrophes lourdes de conséquences sur l’économie du pays. Qu’attendons-nous donc ? Une tragédie semblable au Joola ? Que Dieu nous en préserve ! Halte au laisser-aller ! L’anarchie et la complaisance ne conduisent qu’aux regrets. A bon entendeur salut ! Un hom­me averti en vaut deux !

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