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Au pays du laisser-aller, la rigueur naît et meurt. Elle laisse passer l’orage, puis favorise les mauvais comportements. Chacun déroule son programme et déroute ses voisins et ses semblables. L’égoïsme émerge, l’individuel l’emporte sur le collectif. Les actes sont incompréhensibles et inexplicables. La citoyenneté n’est qu’un simple mot pour beaucoup de compatriotes. C’est dans ce pays que les automobilistes et motocyclistes klaxonnent les piétons pour qu’ils leur cèdent les trottoirs. Quel cran ! Les gens oublient les bonnes matières et vulgarisent le «ma tey». Les commerçants n’hésitent pas à étaler leurs marchandises le long de la route. Ils rétrécissent la voie, s’exposent et contribuent à la récurrence des accidents de la route. Souvent l’excuse est la même : Il faut travailler pour nourrir la famille. Quelle lâche tentative de victimisation ! C’est bien d’entreprendre, mais se conformer aux droits et règlements est encore mieux. Ces anarchistes tiennent tant à leur insécurité, oui insécurité. Tel un phœnix, ils résistent tout même aux déguerpissements à coups de gaz lacrymogène. Leur retour au lendemain des opérations est devenu automatique. Sur les rails, les routes, ils se croient tout permis.
Et l’Etat qui a la mission de protéger ses citoyens dans tout ça ? Il est plus spectateur qu’acteur dans plusieurs situations. Faiblesse ou laxisme ? L’attitude des autorités inquiète. Des plans, des opérations et jamais de suivi. Seul l’acte suffit pour eux. Devant les caméras, il faut déguerpir du matin au soir, puis s’en aller. Depuis des années, c’est le même tempo. L’Etat, censé être fort, cède facilement à la pression de la rue. La fin de l’anarchie n’est donc pas pour demain.
Les risques sont quotidiens, les comportements sur les routes sont inhumains. Des chauffeurs se permettent de conduire sans se soucier du Code de la route. Téléphone ou écouteur à l’oreille. Des attitudes répétées qui coûtent cher aux usagers. Chaque année, des centaines de personnes trouvent la mort à cause des accidents de circulation. Le tout, devant le contrôle léger des agents de sécurité qui sont le plus souvent dépassés par des véhicules extrêmement surchargés.
Les usagers ne sont pas exempts de tout reproche. Ils accablent les chauffeurs, mais n’hésitent pas à s’agripper sur les portes avec tous les risques du monde. Des responsables au premier degré qui s’indignent en premier en cas de catastrophe : une société en lambeaux.
Au Sénégal, on déplore, on s’émeut, mais on ne sanctionne pas. Pourtant, des dispositions punitives contre les infractions routières existent bel et bien, mais elles ne sont généralement respectées que durant quelque temps après leur entrée en vigueur. C’est surtout au niveau du suivi, c’est-à-dire de leur application continue, que cela bloque. L’Etat s’essouffle vite.
Permis à points, amandes ou emprisonnement, ce n’est pas mal du tout, mais les meilleures solutions sont l’anticipation et le sérieux dans le contrôle. Et cela passe par des agents qui ne mâchent pas les contraventions pour quelques billets.

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