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Le Président Macky Sall est interpelé par les habitants de Niani Toucouleur.

La mission du Fmi, qui a passé en revue les progrès du pays par rapport à l’Instrument de coordination de la politique économique (Icpe), craint une nouvelle dégradation de la croissance si la pandémie n’est pas maîtrisée rapidement.

Tout le monde savait que les effets du Covid-19 et les engagements financiers contractés par l’Etat allaient avoir des effets dévastateurs. La note publiée hier à l’issue de la mission du Fmi, qui a eu des entretiens virtuels avec différentes autorités sénégalaises, donne une certaine idée. La mission conduite par Mme Corinne Délechat, indique que «le taux de croissance du Pib est projeté à 1,1% pour l’année 2020 contre 5,3 % en 2019. Ces prévisions reposent sur la maîtrise de l’évolution de la pandémie, la mise en œuvre des mesures de soutien à l’économie et une reprise graduelle de l’activité au cours du second semestre de 2020. Elles sont toutefois marquées par d’importants risques à la baisse». En d’autres termes, si la pandémie venait à échapper à tout contrôle et que l’Etat devait être amené à prendre d’autres mesures plus restrictives, la projection pourrait encore être dégradée.
Dans sa note, la mission de Mme Déléchat a rappelé les efforts faits par le gouvernement, ainsi que l’appui reçu de ses partenaires, notamment le Fonds monétaire, qui lui a accordé «environ 263 milliards de F Cfa ou 2% du Pib, au titre de l’Instrument de financement rapide (Ifr) et de la Facilité de crédit rapide (Fcr), apportant ainsi un soutien immédiat en termes de liquidités afin d’appuyer l’Etat dans le cadre de la mise en œuvre de son plan de riposte».
Si les fonctionnaires internationaux se déclarent satisfaits de la manière dont le Sénégal s’est acquitté de ses engagements envers l’Icpe durant la période sous revue, ils émettent de légères réserves en ce qui concerne le niveau des marchés passés de gré à gré. Néanmoins, même si le pays, comme bien d’autres dans la même situation, avait reçu la bénédiction du Fonds pour opérer un dérapage contrôlé de son budget, les services de Mme Kristalina Georgieva s’émeuvent de voir que le déficit budgétaire est prévu à 6,1% pour cette année. Ils se consolent en déclarant : «Les autorités ont exprimé leur engagement à mettre en œuvre des mesures temporaires, bien ciblées, d’un bon rapport coût-efficacité et pleinement reflétées dans un budget révisé. Elles entendent revenir progressivement à un déficit budgétaire de 3% du Pib à l’horizon 2022 (objectif de convergence de l’Uemoa) à mesure que la situation se normalise. Les autorités se sont également engagées à initier des mesures pour renforcer la transparence et la reddition de comptes concernant les dépenses d’urgence.» Le genre de promesse à long terme, dont Keynes disait qu’il laissait le temps de voir venir.
Les questions de soutien aux entreprises à travers des financements publics, ainsi que la protection des couches vulnérables et le financement des Pme, sont parmi les points qui ont été également passés en revue. Et comme toujours, la réponse de l’Etat a été satisfaisante pour les fonctionnaires du Fmi. On peut penser que bientôt, le Conseil d’administration du Fonds va accorder son satisfecit final aux progrès réalisés par le Sénégal, en dépit de toutes ses difficultés.

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