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Des activités bancaires conformes à la Charia et qui interdisent les intérêts et la spéculation, telles sont les valeurs que la Coris Bank vient de mettre à la disposition de sa clientèle sénégalaise à travers sa fenêtre de finance islamique dénommée Coris Baraka.

La conformité à la Charia, la licéité des activités, l’interdiction des intérêts et de la spéculation et le partage des responsabilités, voilà les valeurs que la branche finance islamique de la Coris Bank entend mettre au service de sa clientèle sénégalaise. La banque a lancé hier ses nouvelles offres en finance islamique dénommée Coris Baraka. Selon la directrice générale de la banque, Soukeyna Niang Sakho, ces offres sont les mêmes que dans les banques classiques et elles s’adressent aussi bien aux musulmans qu’aux non musulmans. «La finance islamique s’adresse aussi bien aux musulmans qu’aux non musulmans, parce que c’est une finance éthique, responsable, équitable qui permet de toucher les couches les plus vulnérables», explique-t-on.
En ce sens, le ministre du Budget, Birima Mangara, salue la mise en place de la fenêtre islamique de Coris Bank qui constitue, selon lui, un élargissement de la palette d’offres de la finance islamique au Sénégal. La nouvelle offre comporte plusieurs produits ayant en commun le respect des règles de la Charia.
Selon El hadji Fallou Diène, membre du Conseil de conformité interne, trois principes éthiques régissent le fonctionnement de la finance islamique. Il s’agit de la relativité de la propriété, la licéité des activités, l’équilibre des avantages et l’interdiction des intérêts et de la spéculation. Concernant l’équilibre des avantages, M. Diène précise que dans le cadres des opérations de finance islamique, aussi bien les gains que les pertes sont partagés entre la banque et le client. En outre, ce mode de financement abhorre des secteurs tels que la vente d’alcool, de tabac ou de drogue. Il interdit également d’investir tant qu’il n’y a pas d’actifs tangibles. Par exemple, la Mourabaha consiste en l’acquisition au comptant par la banque d’un bien et sa revente à l’acheteur final avec paiement différé du prix de vente qui est composé du coût d’achat plus une marge bénéficiaire revenant à la banque, note une des brochures détaillant les offres.
Selon Birima Mangara, le marché de la finance islamique a atteint les 2000 milliards de dollars américains et connait une croissance à deux chiffres. Raison pour laquelle, le ministre estime que ce mode de financement peut participer à accroitre les possibilités de financement des Petites et moyennes entreprises (Pme). Mais l’activité peine à se vulgariser au Sénégal. Les raisons sont multiples, selon Mme. Sakho. «On a démarré sur un marché assez vierge. Cette finance était aussi très peu connue mais aujourd’hui, avec le développement, l’expansion de la finance islamique sur le marché mondial et l’intérêt des populations qui ont une certaine sensibilité religieuse et qui souhaitent faire la finance selon leur croyance, nous avons certainement un intérêt à ce que cette finance se développe», explique-t-elle. Mais selon le Dr Abdessater Khouildi, président du Conseil de conformité interne de la banque, la finance islamique «est une chance pour nos pays avec sa rigueur, sa justice humaine et son acceptation par les populations».
Aujourd’hui, Londres est la place forte de la finance islamique qui se développe de plus en plus. Au Sénégal, M. Mangara informe que 12 experts ont été envoyés en formation au Bahreïn pour faciliter la mise en place de modules et masters islamiques dans les écoles et les universités.
mamewoury@lequotidien.sn

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