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12 nouveaux promoteurs du secteur hôtelier et touristique ont bénéficié hier du Crédit hôtelier et touristique. Un beau cadeau pour cette nouvelle année, selon le porte-parole des opérateurs. Pathé Dia, patron de Saly Princesse, demande pour autant le relèvement du plafond de ce crédit fixé à 100 millions de francs Cfa pour les grands hôtels.

Des opérateurs du secteur hôtelier ont reçu des mains du Premier ministre et du ministre du Tourisme leur chèque. Au total, ce sont plus de 946 millions de francs Cfa qui sont revenus à 12 promoteurs issus de sept régions et départements. «Un beau cadeau» pour relancer nos activités, dira Pathé Dia, patron de Saly Princesse et porte-parole des bénéficiaires. Ce financement est la deuxième phase du programme du Crédit hôtelier qui vise à accompagner les entreprises de ce secteur. Un véritablement coup de fouet pour le secteur touristique qui, depuis plus de 11 ans, se débat dans une crise profonde.
L’euphorie n’a pas trop duré, les promoteurs ont vite soulevé quelques remarques concernant leur secteur. Ils ont d’abord pointé du doigt le plafond de ce crédit fixé à 100 millions. «C’est toujours bon de prendre puisque la convention était de 100 millions, mais j’avoue que pour certains hôtels, 100 millions ne représentent rien. Honnête­ment, pour booster le tourisme, 100 millions c’est très peu», soutient Pathé Dia. Le patron de Saly Princesse dit en avoir parlé au Président Macky Sall. «La Bnde est là et peut nous accompagner. Si l’Etat peut mettre davantage de moyens en nous accordant des crédits beaucoup plus intéressants, je pense que nous pouvons relancer le tourisme», a-t-il-estimé.
Sans attendre, le Premier ministre, Mahammed Boun Ab­dallah Dionne, a donné des instructions au ministre du Tourisme afin de travailler sur les plafonds. «100 millions, c’est générique. Il fallait y aller lentement et c’est peut-être bon pour le micro-tourisme, mais il va falloir réfléchir à relever ce financement pour les grands hôtels», soutient-il. Le Premier ministre a également demandé à Mame Mbaye Niang d’optimiser les procédures de mobilisation des fonds. «Un mois c’est bon, mais on peut faire mieux», avant d’inviter les promoteurs à soumettre leurs dossiers. Les hôteliers se sont félicités en outre du démarrage prochain des travaux du Programme de lutte contre l’érosion côtière qui hante leur sommeil à Saly.
A ce propos, Boun Abdallah Dionne dit attendre que Mame Mbaye Niang fixe une date pour qu’avec la Banque mondiale, ils se rendent à Saly pour lancer le Programme de lutte contre l’érosion côtière. «Des milliards ont été mobilisés. Il s’agit pour le moment de passer à l’action et de sauver des sites symboliques comme le Pélican», annonce le Pm.

L’insécurité inquiète les promoteurs
Autres problèmes soulevés par les hôteliers de Saly qui se réjouissent du bon début de la saison touristique de cette année, c’est «l’insécurité ambiante» au niveau de la station balnéaire de Saly. Pour Pathé Dia, il va falloir doter la Police touristique de plus de moyens et de personnels, mais aussi combattre le fléau de la mendicité qui, selon lui, ne rime pas avec le tourisme. «Nous sommes envahis par une horde de talibés tous les jours, malgré nos efforts pour lutter contre ce fléau», se plaint-il. A cela, le gérant de Saly Princesse y ajoute le visage hideux de l’entrée de la station balnéaire. Or en 2015, souligne-t-il, le Président avait investi un milliard pour son embellissement. Malheu­reusement, se désole-t-il, aujour­d’hui «l’entrée de Saly est devenue un garage, avec des gargotes, et un repère de délinquants». Pourtant, indique-t-il, le renforcement de cette sécurité et le désengorgement de l’entrée pourraient bien relancer cette destination.
Le Premier ministre annonce une réunion entre les promoteurs et la Police touristique qui, selon lui, va se tenir le 15 de ce mois pour sécuriser les servitudes des hôtels et l’industrie de manière générale. Concernant la relance du secteur, le Premier ministre promet de belles perspectives avec Air Sénégal. «Nous allons recevoir deux avions cette année et deux autres en janvier 2019 qui pourront faire le transatlantique et l’intercontinental. Cela va inciter les prix à la baisse», rassure Mahammed Boun Abdallah Dion­ne.
Le directeur de la Bnde, Thierno Seydou Nourou Sy, indique pour sa part que l’objectif recherché est un effet multiplicateur pour faire bénéficier le plus grand nombre d’opérateurs économiques de ce financement. Il ajoute que la première phase a généré la création de 302 emplois.
ndieng@lequotidien.sn

 

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