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Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des énergies.

Le Sénégal a besoin de plus de 4 000 milliards de francs Cfa pour financer le secteur de l’énergie pour la période 2019-2023. C’est ce qui ressort de la Lette de politique de développement du secteur de l’énergie, validé hier pour les cinq prochaines années.

Le besoin financier du secteur de l’énergie pour les cinq prochaines années est évalué à plus de 4 000 milliards de francs Cfa, selon la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie (Lpdse) 2019-2023, validée hier par les acteurs et les partenaires techniques et financiers. Le ministre de l’Energie et du pétrole est optimiste quant à la capacité des acteurs à mobiliser les 4 000 milliards 323 millions de francs Cfa sur les cinq prochaines années. «Ces 4 000 milliards intègrent les financements hydrocarbures et là rien que le financement des parts de Petrosen sur les deux blocs où nous avons du pétrole et du gaz, c’est 2 milliards de dollars, soit 1 200 milliards de francs Cfa. Donc la moitié part déjà rien qu’avec Petrosen», a dit Mouhamadou Makhtar Cissé. Il s’exprimait à l’atelier de validation de la Lpdse. Tout en magnifiant la qualité du document, le ministre a exhorté à mettre l’accent sur le suivi et l’évaluation pour pouvoir obtenir les résultats escomptés. «Nous faisons de très bons plans, mais nous péchons sur la mise en œuvre. Les mécanismes de suivi ne sont pas appropriés, les ressources ne sont pas disponibles», alerte M. Cissé.
D’après le document présenté par Assane Diouf, consultant ingénierie et expertise énergétique, et Baye Issakha Sow, spécialiste en planification et suivi-évaluation, le secteur est confronté à quatre grands défis. Il s’agit de la mise en place des préalables à la production du pétrole et du gaz local et de sécuriser la logistique d’approvisionnement en hydrocarbures du pays. L’autre défi est lié à l’accès universel et durable à des services de l’électricité à moindre coût. La sécurisation de l’approvisionnement des ménages en énergie durable et optimal de cuisson ainsi que le parachèvement de la réforme du cadre légal et réglementaire du secteur. L’amélioration du dispositif de pilotage, de régulation et de suivi-évaluation sont les deux autres défis auxquels doit faire face le secteur de l’énergie. Lequel est caractérisé par des évolutions récentes, notamment la découverte de pétrole et de gaz, l’amélioration de la qualité et continuité du service, mais aussi l’amélioration de la gouvernance et du suivi du secteur.
Ces quatre grandes orientations stratégiques prennent d’amont en aval les sous-secteurs de l’énergie. «On ne peut réussir la transformation de ce secteur que si nous avons un bon document de planification, une très bonne stratégie. La Lpdse, avec toute sa cohérence, permet justement cela», a plaidé Mouhamadou Makhtar Cissé.
La vision du secteur est de faire de l’énergie durable et de qualité le fondement de l’émergence du Sénégal. Parmi les acquis et résultats notés dans la dernière Lpdse 2012-2017, les auteurs du nouveau document relèvent les 17 blocs du bassin sédimentaire, 10 sous contrat avec des découvertes de pétrole et de gaz dans 3 blocs. Il y a aussi la mise en service de 484,9 Mw de nouvelles capacités avec une amélioration du mix (143 Mwc de solaire Pv), incluant une baisse du coût de production de 88,5 à 65,33 de francs Cfa et une diminution du temps de coupure de 124 à 50 heures. La Lpdse mentionne également un doublement du nombre de localités électrifiées en milieu rural, passant de 1 648 à 4 276… S’y ajoute le début du processus d’extension des missions de la Com­mission de régulation du secteur de l’électricité (Crse) avec intégration de la régulation du secteur aval des hydrocarbures.

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