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Lors de la dernière Journée de l’élevage, le Président Macky Sall avait annoncé un financement d’un milliard de francs Cfa en faveur du secteur. C’est désormais chose faite puisque la Délégation à l’entreprenariat rapide pour les femmes et les jeunes (Der/Fj) vient de mettre ce financement à la disposition du secteur de l’élevage, à raison de 500 millions pour les jeunes et autant pour les femmes. Pour informer les acteurs, le ministère de l’Elevage a abrité hier une réunion d’information avec la Der/Fj. Il s’agit, a expliqué M. Papa Amadou Sarr, délégué général de la Der/Fj, «de tâter le pouls du terrain pour savoir exactement quels sont les besoins des populations et pouvoir adapter des produits spécifiques à leurs besoins, que ça soit de la dette, de la prise de participation, de la garantie et d’autres formes d’accompagnement».
La Der qui cible les jeunes de 18 à 40 ans et les femmes entend s’adapter aux spécificités du secteur de l’élevage. «Les spécificités seront prises en compte dans le financement. Nous avons cette flexibilité de dire que nous mettrons en place un système de différé de trois mois ou six mois et un délai de remboursement proportionnel à l’activité effectuée et nous avons aussi la possibilité de faire travailler les gens en groupement et pas seulement en individuel», explique M. Sarr.
Pour le ministre de l’Elevage, la rencontre est salutaire. «Les acteurs que nous avons rencontrés ont identifié un certain nombre de projets qui pourraient être éligibles à ce fonds. Cela va de la production laitière aux cuirs et peaux, les boutiques pastorales, l’aviculture, l’embouche, la vente d’aliment de bétail ou les cultures fourragères», indique le ministre. Dans le détail, les acteurs y sont tous allés de leurs idées. Pour la présidente nationale du Directoire des femmes en élevage (Dirfel), Mme Dieynaba Sidibé, ce fonds pourrait permettre de financer davantage de boutiques pastorales dans les zones les plus reculées du Ferlo. Djiby Amary Sow, lui, plaide pour des projets de culture fourragère en donnant l’exemple de son village de Mbar Toubab ou les mises en défens faites dans le cadre de la muraille verte ont permis aux éleveurs de renoncer à la transhumance saisonnière, permettant du coup à leurs enfants de poursuivre leur scolarité.
Pour le délégué général de la Der, le secteur de l’élevage recèle de multiples potentialités. Et en plus de cette enveloppe octroyée par le Président, le secteur pourrait bénéficier de plus de financements, souligne-t-il. «En plus de ce milliard, il y a des enveloppes par région et dans ces enveloppes, on aura des enveloppes sectorielles. Le secteur de l’élevage pourrait ainsi absorber, si les gens travaillent bien, 2 à 3 milliards par an», explique M. Sarr.
Il faut dire que la Der/Fj, mise en place il y a quelques mois pour financer les jeunes et les femmes, se fixe comme objectif de répondre aux besoins des populations. «C’est un défi que nous lançons à tout le monde, c’est une compétition. Les enveloppes ne sont pas figées et si la pêche ne parvient pas à absorber son enveloppe ou l’agriculture et que les éleveurs parviennent à le faire, je vais reverser l’argent dans le secteur de l’élevage», lance M. Sarr.
mamewoury@lequotidien.sn

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