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Pour financer l’habitat social, le Président institue une taxe de 2 000 francs par tonne de ciment. Les cimentiers induisent qu’elle va entraîner une augmentation de ce produit. Les consuméristes contestent en affirmant que la hausse est déjà intervenue.

Les prix du ciment vont-ils encore augmenter bientôt ? On le saura assez vite. La question se pose parce que le président de la République a signé hier un décret, no 2020-986, «instituant une taxe parafiscale au profit du Fonds pour l’habitat social, dénommée Taxe sur le ciment». Elle permettra de taxer «les importations et les livraisons de ciment extraits ou produits au Sénégal». La taxe est de 2 000 francs Cfa la tonne.
On sait que l’instauration de cette taxe avait fait depuis un certain moment l’objet de plusieurs tractations entre les producteurs de ciment et les services du gouvernement, notamment les ministères de l’Industrie et du Commerce. Les cimentiers faisaient valoir le risque d’une flambée des prix des matériaux de construction, car il n’est pas question pour eux de vendre à perte. Ceux que Le Quotidien a interpellés hier lui ont d’ailleurs fait comprendre que les négociations n’avaient pas abouti et que le chef de l’Etat a pris une décision d’autorité.
Cette hausse intervient à la suite d’une précédente, datant de quelques mois déjà qui portait sur 3 000 francs Cfa. Les cimentiers l’avaient mal supportée, parce qu’ils assurent que le gouvernement avait refusé qu’elle soit reportée sur le consommateur. De manière anonyme, certains assurent que la nouvelle devrait bien intégrer la grille des prix du ciment, faute de quoi certaines usines seraient obligées de mettre la clé sous le paillasson.
Ces arguments sont battus en brèche par l’Association sénégalaise des consommateurs (Ascosen). Le président de l’organisation consumériste fait valoir que la taxe instaurée n’est pas quelque chose de nouveau. Le chef de l’Etat l’avait annoncée, selon lui, aux syndicalistes «le 1er mai de l’année dernière. Il leur avait annoncé que les fonds récoltés par ce biais allaient servir notamment au financement du programme des 100 mille logements sociaux. Ce n’est donc pas quelque chose de nouveau». Momar Ndao va indiquer que les industriels avaient demandé et obtenu que la tonne de ciment subisse une augmentation de 5 000 francs par rapport à cela ; ce qui leur avait été accordé.
Par conséquent, ajoutera le consumériste en chef, «les 2 000 francs de la nouvelle taxe ne sont que l’argent qui est déjà récolté à la suite de l’augmentation déjà intervenue». Dans ces conditions, insistera-t-il, «il ne pourra être question pour nous d’accepter une quelconque nouvelle augmentation». Le programme des 100 mille logements est un projet phare de la présidence de Macky Sall en direction de l’habitat social. La question a jusqu’à présent été de savoir quels mécanismes devaient servir à son financement pour que les premiers destinataires, les classes moyennes et les ménages à faibles revenus, puissent y trouver leur compte.

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