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Des experts qui prenaient part hier à la 4e édition de la conférence sur les Btp et les infrastructures qu’organise annuellement le cabinet Kaizene ont incité les Etats africains à faire recours aux fonds d’investissement pour le financement des infrastructures.

Pour financer leurs projets d’infrastructures, les Etats africains ont pendant longtemps compté sur la dette publique, des ressources à court terme, l’aide publique au développement et sur des impôts. Mais selon des experts qui participaient hier à la 4e conférence internationale sur les Btp et les infrastructures qu’organise an­nuel­lement le cabinet Kaizene, cette version est maintenant désuète.
Paul Harry Aithnard, l’un d’entre eux explique : «Cette version est la version 1.0. Elle est périmée. On est arrivé aujourd’hui à une version 2.0 qui fait la part belle à tout ce qui est fonds d’investissement, fonds de pension, car c’est là que se trouve l’argent. Ce dernier ne se trouve pas auprès des bailleurs publics, mais des acteurs privés, au niveau des fonds d’investissement.» Et pour permettre à l’assistance d’identifier la taille de la solution par rapport au problème, le panéliste donne quelques chiffres. «Si on prend l’ensemble du marché de capitaux en Afrique subsaharienne, on parle de 1 000 milliards de dollars disponibles. Quand on prend l’ensemble des fonds de pension en Afrique subsaharienne, on parle de 400 milliards de dollars disponibles. S’agissant des réserves de change disponibles en Afrique, on parle de 350 milliards de dollars», indique le directeur du groupe Ecobank Edc. Et pour diriger cet argent vers les infrastructures dont l’Afrique a besoin, l’expert préconise de créer des produits transparents et flexibles. Le panéliste précise : «Il y a deux produits dont je crois énormément et qu’il faut de plus en plus développer. C’est ce qu’on appelle les obligations d’infrastructures qui sont des produits de marché qui permettent de collecter de l’épargne longue sur le marché ou alors les fonds d’infrastructures. Il y a des pays qui l’ont fait et qui ont réussi à le faire, notamment le Kenya et le Ghana.» A preuve, souligne M. Aithnard, «ces pays arrivent à lever entre 500 millions et 1 milliard de dollars annuellement pour pouvoir financer leurs projets d’infrastructures, non pas en comptant sur les banques ou les institutions de développement, mais sur l’épargne collective, sur ce qu’on appelle le marché». Le marché, enseigne-t-il, «c’est nous tous, c’est nous qui faisons le marché, c’est notre épargne collective».
Ses co-débateurs n’ont pas dit le contraire. Le Président directeur général d’Atlantic financial group Central & East Africa (Afg Cea) estime que les pays ont la possibilité avec le digital de mobiliser l’épargne longue. «Si on veut collecter l’épargne, il faudrait que la bancarisation se développe. Avec le digital, nous avons la possibilité de faire plus d’inclusion financière», assure Léon Konan Koffi.
Cette 4e édition de la conférence internationale sur les Btp et les infrastructures a pour thème «La croissance économique face aux enjeux infrastructurels en Afrique».
dialigue@lequotidien.sn

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