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Après avoir réussi son premier compact, le Sénégal est en passe de signer un nouveau bail avec le Millenium challenge corporation (Mcc). Pour cette deuxième phase, les autorités vont soumettre à l’approbation du Congrès américain, des projets portant sur la diversification des sources de production d’énergie et un meilleur accès à l’électricité.

Après un premier compact de 270 milliards de francs Cfa qui s’est achevé en 2015, le Sénégal va signer un deuxième compact le 6 décembre 2018. Pour ce deuxième compact qui va démarrer en 2020, le Sénégal a choisi de mettre l’accent sur des projets relatifs à la diversification des sources d’énergie et un meilleur accès à l’électricité. L’Unité de formulation du compact (Ufc) a ainsi élaboré quatre projets dont le coût global est de 488,2 milliards de francs Cfa (815 millions de dollars).
«La première phase du processus de formulation du second programme Mca Sénégal a permis de s’accorder avec tous les segments de la société sur la contrainte majeure à l’investissement et à l’entreprenariat privé au Sénégal, portant sur le coût élevé de l’énergie et le faible accès à l’électricité», explique M. Adama Diallo, Secrétaire général du ministère du Pétrole et des énergies à l’occasion de l’atelier national de présentation des documents provisoires de projets.
Selon les explications fournies par l’Ufc, des diagnostics ont été initiés pour comprendre les causes profondes des contraintes majeures à l’investissement pri­vé et à la croissance économique et décrire les dynamiques sociales pertinentes qui affectent la pauvreté et les inégalités dans le pays. Le diagnostic pointe le coût élevé de l’énergie et le faible accès à l’électricité particulièrement en zones rurales qui ont pour effet une production restreinte ainsi que des opportunités économiques réduites pour les ménages et le secteur privé. «Le coût de l’électricité au Sénégal est parmi les plus élevés en Afrique et ce, malgré les subsides du gouvernement», souligne l’Ufc.
Ainsi, quatre projets ont été définis par l’Ufc qui seront soumis à l’approbation du Millenium challenge corporation (Mcc). Dans le premier concernant la «diversification des sources de production, optimisation du parc et la gestion de la demande», d’un coût de 108 milliards de francs Cfa, il est prévu trois composantes qui vont mettre l’accent sur l’installation de 4 millions 432 mille 222 lampes à basse consommation (Led), l’installation de 90 mille lampadaires dans l’éclairage public et la conversion de certaines centrales au gaz comme celles de Cap des biches et Kahone. Le deuxième projet, d’un coût de 78,14 milliards de francs Cfa, est relatif à  «l’amélioration de l’accès à l’électricité en milieu rural et périurbain». Il vise à promouvoir le développement de chaines de valeur et l’accès à l’électricité dans les zones isolées à faible densité de charge. Dans ce projet, l’Ufc propose la pose de 451,3 km de ramification en 30 kv, qui vont impacter les régions de Louga, Matam, Diourbel, Fatick, Saint-Louis, Kaolack, Sédhiou, Kolda et Thiès. En plus de sécuriser l’approvisionnent en électricité des Domaines agricoles communautaires (Dac), cette infrastructure va électrifier 80 villages traversés par ces dorsales pour une population totale de plus de 31 mille habitants. En outre, il est prévu l’électrification de 219 pôles de développement et 478 localités dans les départements de Ziguinchor, Sédhiou et Fatick, soit plus de 59 mille ménages. Le troisième projet, d’un coût de 240 milliards, concerne la modernisation et l’extension des réseaux de transport et de distribution. Dans ce projet, Dakar, qui concentre 60% de la demande en électricité et 80% des activités économiques, est bien servie avec la réalisation de la Boucle 225 Kv de Dakar, celle de la boucle 225 Kv reliant Matam, Linguère et Touba. Ce projet prévoit également la modernisation du dispatching de la Senelec et la réduction des pertes techniques estimées à 20%. Le dernier projet concerne le renforcement du cadre légal et de la capacité des acteurs.

488 milliards pour le deuxième compact
C’est en 2009 que le Sénégal avait signé son premier compact pour un montant de 240 milliards de francs Cfa. Ce financement a servi à l’aménagement de 450 ha dans la vallée du fleuve Sénégal, la réhabilitation de systèmes d’irrigation permettant de desservir 38 391 ha. Sur le plan des infrastructures routières, le premier compact a permis la réalisation de 121,6 km sur la Route nationale n°2 (Rn2) et 64 km sur la Rn6.
Après la phase de formulation de projets, l’entrée en vigueur de ce nouveau compact est prévue pour 2020 et sur une période de 5 ans.
mamewoury@lequotidien.sn

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