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Les collectivités territoriales ont un défi réel en matière d’accès au financement bancaire. Pour aider ces dernières à bénéficier des crédits au niveau des banques, l’Agence de développement municipal (Adm) tient depuis hier à Somone un atelier sur le thème «Le financement des collectivités territoriales par le système bancaire : Enjeux et opportunités». Cette rencontre qui regroupe des acteurs des collectivités territoriales et  ceux du secteur bancaire a été une occasion pour le directeur général de l’Adm, Cheikh Issa Sall, de revenir sur le grand besoin d’accès aux crédits  des collectivités territoriales. «Depuis 2014, on a mis en place l’Acte 3 de la décentralisation et il y a également le Pse qui a comme vision, pour les collectivités territoriales, de créer des territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable. Pour cela, il faut que les collectivités territoriales puissent avoir suffisamment de ressources pour faire des investissements qui vont augmenter considérablement le niveau d’équipement», plaide M. Sall. En ce qui concerne les transferts de l’Etat, le patron de l’Adm souligne qu’ils «sont passés, pour le fonds d’équipement, de 12,5 milliards en 2012 à 17 milliards de francs Cfa en 2017. Globalement, le fonds de dotation et le fonds d’équipement sont à un niveau de 43 milliards. Parallèlement, le ministère des Finances a opéré des réformes qui ont augmenté considérablement les recettes propres des collectivités territoriales, à savoir la fiscalité locale. Malgré tout, les collectivités territoriales ont encore besoin d’autres types de financement pour prendre en charge leurs besoins d’investissement». Ainsi, le directeur général de l’Adm voudrait qu’au sortir de cet atelier, le secteur bancaire puisse connaître les procédures administratives, financières et comptables des collectivités territoriales pour avoir beaucoup plus de confiance en ces entités décentralisées et établir des partenariats durables pour leur permettre d’investir davantage. Les collectivités devraient aussi, de leur côté, se familiariser avec les procédures bancaires pour pouvoir présenter des dossiers banquables.
A cet effet, note ministre de la Décentralisation et des collectivités territoriales, l’Adm a compris que le cœur de la réforme de l’Acte 3 de la décentralisation réside dans le financement de nos territoires. Et aujourd’hui, il s’agit d’orienter le système bancaire vers les collectivités territoriales ou, en tout cas, de faire en sorte que les collectivités locales puissent accéder au marché bancaire car, explique Abdoulaye Diouf Sarr, les transferts venant de l’Etat ne suffisent pas. Il faut d’autres types de financement. Le plus approprié, selon lui, est celui du système bancaire. Pour qu’on puisse avoir ce financement stabilisé, il faut absolument que le système bancaire ait confiance aux territoires, mais aussi que les collectivités territoriales puissent se familiariser aux conditions et mécanismes du système bancaire. Il invite ainsi les différents acteurs à faire de sorte qu’au sortir de cet atelier que ce couple puisse se fréquenter. En effet, dira-t-il, «pour faire le développement de nos territoires, il faut absolument faire en sorte que les ressources financières soient drainées vers le développement territorial».

 abciss@lequotidien.sn

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