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Ahmadou Al Aminou Lô,Directeur national de la Bceao

A la fin de l’exercice 2019, sur la base des chiffres provisoires, les crédits bancaires ont connu une hausse de 8% par rapport à 2018, pour s’établir à 4881 milliards de francs Cfa. Sur l’ensemble de ces ressources, les créances en souffrance, c’est-à-dire les crédits qui n’ont pas été payés à temps, représentent 13,8%, soit un volume brut d’environ 732 milliards de francs Cfa, selon le Directeur national de la Bceao, Ahmadou Al Aminou Lô.

L’activité des établissements de crédits est restée dynamique à fin 2019, à un rythme plus soutenu que l’année 2018. Selon les statistiques provisoires avancées hier, par le Direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), à l’issue de leur réunion trimestrielle avec les directeurs généraux des banques et établissement financiers, «les crédits ont augmenté de 8%, par rapport à 2018, pour s’établir à 4881 milliards de francs Cfa». Ahmadou Al Aminou Lô, le Directeur national indique, tout de même, que le secteur bancaire continue à avoir des préoccupations sur les créances en souffrance, c’est-à-dire les crédits qui n’ont pas été payés à temps, et qui continuent de représenter environ13,8% de l’ensemble des crédits, soit un volume brut évalué à 732 milliards de francs Cfa. Cette situation, d’après le Dn, «se justifie par un renforcement du dispositif prudentiel qui exige désormais, qu’une banque reconnaisse dans ses livres, à temps réel, les créances im­payées, les créances douteuses ou litigeuses pour permettre que les banques aient toujours une santé financière correspondante à la réalité de leurs chiffres et éviter que des dividendes soient distribués, alors qu’il y a des créances en souffrance».
L’essentiel de cet encours de créances en souffrance, souligne M. Lô, se trouve dans les tribunaux de grande instance au lieu d’être dans les tribunaux de commerce. Suffisant pour que les banquiers plaident pour que le Tribunal de commerce dont le travail a été salué, puisse hériter de ces dossiers qui sont en souffrance dans les tribunaux de grande instance. Avec un délai de traitement de 90 jours, le Tribunal de commerce a réussi à traiter, en 2018, à peu près 3 mille dossiers dont l’essentiel venait du système bancaire.

Bond de 8,1% des crédits au secteur privé
Les créances sur l’économie ont également continué à augmenter. «Après un léger repli en 2018 de l’ordre de 5,9%, nous escomptons en 2019, une hausse des crédits à l’économie, c’est-à-dire au secteur privé de l’ordre 8,1% et cette hausse devrait continuer en 2020, avec une progression de 10,1%. Donc nous attendons à ce que le secteur bancaire continue à financer l’économie», explique le Directeur national de la Bceao. Qui ajoute que «les crédits à l’économie rapportés aux crédits intérieurs bruts, qui est une mesure du degré de financiarisation de l’économie, restent l’un des plus élevés en Afrique. Au Sénégal, nous sommes aux alentours de 33%».

Injections de liquidités renforcées
En ce qui concerne l’approvisionnement de l’économie en billets de petite coupure et en pièces de monnaie, la Banque centrale a profité de cette rencontre avec les directeurs des établissements de crédit pour leur présenter les chiffres. A la fin de l’année 2019, la Banque centrale, selon le Dn, «a renforcé d’environ 26% les injections de billets de petite coupure et presque de 43% les injections de pièces de monnaie». En effet, déclare Ahmadou Al Aminou Lô, «nous avions demandé aux banques de participer à cet effort afin de mettre fin à la commercialisation de la petite monnaie. Elles ont répondu fortement, puisque la clientèle qui avait l’habitude de enir à la Bcaeo, nous sommes en train de les transférer pour celle bancarisée, au niveau des banques et à date, 1/3 de cette clientèle est désormais servi par les banques, sans aucun frais. Nous allons procéder durant 2020, au transfert progressif de l’ensemble de cette clientèle institutionnelle de sorte que la Banque centrale puisse rester avec la clientèle non bancarisée».

Taux de croissance de 6% en 2019
Au Sénégal, le taux de croissance dans le cadrage que la Bceao a fait, devrait ressortir à environ 6% en 2019. Pour l’année 2020, annonce le Directeur national, «il est attendu à un taux de 6,8%, grâce au dynamisme du secteur tertiaire et aux dépenses d’investissement que fait l’Etat».
S’agissant du déficit budgétaire conformément aux critères de convergence de l’Umoa, il «devrait ressortir aux alentours de 3%. Le ratio de la dette sur le Pib à fin 2019, est estimé à 53,7% pour une norme communautaire de 70% et projeté en 2020 à 53,5%. Le déficit du compte courant qui rend compte de nos relations avec l’extérieur devrait pour l’année 2019 s’améliorer même s’il reste encore négatif. En d’autres termes, nous avons besoin de l’épargne internationale pour financer notre balance des paiements, puisque le déficit ressort à 8,4% en 2019, après 9,4% en 2018, contre une norme communautaire de 5% de déficit du compte courant. Cela se justifie essentiellement par les importants investissements qui sont en cours au Sénégal et qui contiennent une bonne dose d’importation de biens d’équipement. Cela s’explique aussi par la facture d’importation des produits alimentaires, d’où la nécessité pour le Sénégal d’avoir une autosuffisance alimentaire surtout pour les céréales», argue le banquier. Qui ajoute comme autre justification, «la facture pétrolière qui continue à grever la balance des biens».

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