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A Dioffior, les cultures urbaines ont désormais un lieu qui leur est dédié. La Maison des cultures urbaines (Mcu), qui vient d’être inaugurée avec l’Association Def Art de la localité, va permettre aux artistes de disposer d’un lieu de créativité.

Fatou Diouf Sarr est douée de ses mains. Depuis les années 2000, elle touche à divers domaines artistiques que sa fertile imagination ne cesse de nourrir. Teinture, macramé, jus locaux, fabrication de sacs, vêtements ou draps, nattes réalisées avec des sachets d’eau, rien n’échappe à son savoir-faire. Installée à Dioffior dans le département de Fatick, Fatou Diouf Sarr a exposé quelques-unes de ses créations à l’occasion de l’inauguration de la Maison des cultures urbaines aménagée par l’Association Def Art grâce à une subvention du Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu). Sur une table, des lampes faites à base de balais, ornées de perles colorées. «Quand on allume la lampe, ça fait des jeux de couleurs», explique-t-elle à la délégation du Fdcu. A côté, des morceaux de savon, des sachets de céréales transformées et des pots de confiture. Si du côté artistique, elle assure la production malgré le peu de moyens dont elle dispose, là où le bât blesse, c’est au moment de commercialiser sa production. Dans cette zone pourtant touristique, située à quelques encablures de Ndangane et des Iles du Saloum, elle peine à trouver une clientèle. Mais un pas vient d’être franchi avec l’inauguration de cette maison des cultures urbaines de la localité. Mise en place par l’association Def Art, la Mcu de Dioffior va permettre à tous les artistes de la localité d’unir leurs forces pour mieux booster leur créativité. Bénéficiaire d’un financement de 3 millions de francs du Fdcu, Def Art prend petit à petit son envol. Coly Bakhoum, plus connu sous le nom de Lyco, est un jeune musicien rappeur. Coordonnateur de Def Art, il explique que la première action de l’association, une fois le financement reçu, a été de louer un emplacement pour installer son siège que la mairie s’est empressée d’équiper en matériel informatique. «Nous avons aménagé ce siège parce qu’il n’y avait pas de site dédié à la culture urbaine et à l’art dans la commune. L’objectif est de rassembler les artistes et leur assurer une formation. Parce que nous voulons être professionnels», explique-t-il.
En attendant les financements de Fdcu ou la subvention de la mairie qui va passer de 20 à 100 000 francs Cfa, l’association qui regroupe toutes les couches de la population sensible à l’art, mène des activités génératrices de revenus pour assurer son autonomie. Location de chaises, prestations culturelles, lieu de restauration, les jeunes artistes de Dioffior sont décidés à prendre leur destin en main. Une posture que le maire de la commune salue. Selon Youssou Diome, «ce sont des jeunes avec un niveau de citoyenneté très élevé». Il ajoute que le développement local ne peut se faire sans la jeunesse et invite les jeunes de Def Art à s’investir dans la mise en place d’un modèle économique viable à même de pérenniser les activités de la Mcu de Djoffior. Pour Mme Anta Seck Dia, Coordonnatrice du Fdcu, Def Art est dans une bonne dynamique. «Nous voulons aider les jeunes à être autonomes et à se structurer autour des cultures urbaines par la formation, la mobilité et les échanges.» Si quelques associations ont connu des retards avant de recevoir leurs subventions du fait de problèmes au Trésor public, des exemples de réussite existent. C’est le cas de cette association de Kaolack qui a pu acquérir avec sa subvention, du matériel de sonorisation, une scène et des lumières pour mener ses propres activités. «Nous donnons de petits financements dans les localités mais ces fonds ont un impact réel», se réjouit Mme Dia.
mamewoury@lequotidien.sn

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