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L’Agence française de développement, après 75 ans d’intervention au Sénégal marqués par de nombreux financements, considère ce pays comme «une terre d’innovation» grâce à la confiance, au dynamisme et à l’engagement des partenaires avec lesquels elle collabore.

75 ans d’intervention au Sénégal, ça se fête. Comme une vieille dame qui garde intacte sa vigueur, l’Agence française de développement (Afd) a tenu à fêter jeudi dernier dans l’enceinte du musée Théodore Monod de l’Ifan ses 75 ans de présence au Sénégal. Un accompagnement du Sénégal visible en termes de financements, selon le mot de Yadiz Bensaid, directeur pour l’Afrique de l’Ouest et centrale de l’Afd. Il a fait état de «financements à hauteur de 1,8 million d’euros qui ont été engagés par l’Afd au cours de ces 10 dernières années, avec plus de 100 projets réalisés». Aux côtés de Mme Laurence Hart, directrice de l’Afd au Sénégal, M. Bensaid soulignera par la suite l’impact des projets sénégalais. Ainsi, on note que l’Afd a contribué à la réalisation de «1 905 salles de classe sur l’ensemble du territoire national, 9 centres de formation professionnelle construits, à l’électrification de 18 mille foyers et au service d’eau potable de meilleure qualité pour plus de 2,7 millions de personnes». Le directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et centrale de l’Afd a estimé que «tous ces résultats concourent aux objectifs du Plan Sénégal émergent». M. Bensaid a par ailleurs profité de l’occasion pour décliner le chapelet de prêts et de conventions accordés ou signés avec des sociétés publiques sénégalaises comme la Sicap, la Saed et la Senelec.
Cet instrument de la Coopération française ne compte pas s’en arrêter là. Puisque «ses engagements pour des montants inédits suivent une trajectoire pour un nouveau cap ambitieux fixé par les autorités françaises d’atteindre 0,55% de notre revenu national brut qui sera consacré au développement en 2022».
Dans son propos, M. Bensaid a aussi rappelé l’objectif premier de son institution, «celui de promouvoir un développement stable pour tous en s’engageant dans des projets qui améliorent concrètement le quotidien des populations. L’Afd veut être la banque des transitions plus justes, plus sûres et plus durables. Notre action s’inscrit pleinement dans le cadre des Odd», indique-t-il. Avant de considérer le Sénégal comme «une véritable terre d’innovation» pour l’Afd grâce à l’engagement, à la confiance et au dynamisme des partenaires. «En effet, c’est au Sénégal pour la première fois que le mixage prêt-don a permis un véritable effet de leviers dans les secteurs de l’agriculture et de l’éducation. C’est ici également au Sénégal que la première autoroute à péage d’Afrique a pu être financée grâce à un partenariat public-privé. Nous soutenons par ailleurs le secteur privé avec tous nos instruments possibles de garantie notamment et nos lignes de crédit», fait-il remarquer.
Le ministre sénégalais de l’Economie, des finances et du plan qui a pris part à la cérémonie de jeudi dernier a fait état d’une relation franco-sénégalaise «très féconde. M. Amadou Ba a souligné : «Nous avons en effet signé, depuis 2014, pas moins de 41 conventions de financement et nous sommes autour d’une enveloppe de 800 milliards de francs Cfa. Vous avez parlé de 700 milliards, j’y ai mis un peu le prêt du Trésor français qui est aussi une contribution de la République française pour la mise en œuvre des projets du Plan Sénégal émergent. Cet important concours financier touche tous les projets importants du Plan Sénégal émergent, notamment les infrastructures, les services, le transport, l’énergie, l’agriculture, l’eau, l’assainissement, l’éducation et la formation professionnelle, la santé ou encore la protection sociale.»
Le ministre considère d’autre part l’Afd comme une structure qui «s’est résolument engagée en faveur des couches sociales les plus démunies en plaçant son action au cœur de leurs préoccupations. Il me plaît ici de rappeler que l’Afd est l’un des partenaires majeurs de l’Etat du Sénégal dont les engagements financiers, si l’on fait référence à une période toute récente, ont permis au Sénégal de mettre en œuvre de manière assez rapide la vision de (…) monsieur Macky Sall, déclinée à travers le Plan Sénégal émergent».
L’ambassadeur de France a annoncé un renforcement en vue de l’aide publique française au développement, conformément aux vœux et instructions du Président Macron. Christophe Bigot a déclaré qu’à terme, l’objectif de son pays est d’arriver à un taux de 0,7% du revenu national de la France pour l’aide publique au développement. Un engagement pris par tous les pays développés et qui n’a jamais été tenu par aucun d’entre eux, même si certains pays scandinaves font dans ce domaine mieux que nos partenaires habituels.
mdiatta@lequotidien.sn

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