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Le parasitisme, c’est ce que risquent de générer les transferts d’argent venant des migrants au niveau des ménages bénéficiaires. Selon une étude effectuée sur la participation des transferts de fonds sur le marché du travail et le développement du capital humain au Sénégal, «les ménages avec migrants recevant des transferts de fonds sont moins enclins à participer au marché du travail».

Par Dieynaba KANE – Les transferts d’argent reçus de la part de membres d’une famille ayant migré à l’extérieur du pays contribuent à diminuer la participation des ménages bénéficiaires au marché du travail. C’est le message qu’il faut retenir des résultats de l’étude menée sur Migration, transferts de fonds, participation au marché du travail et capital humain. Selon Dr Ameth Saliou Ndiaye, le maître de conférences à la Faculté des sciences économiques et de  gestion (Faseg) qui a présenté hier les résultats de cette étude, «les ménages avec migrants (et recevant des transferts de fonds) sont moins enclins à participer au marché du travail». D’après Dr Ameth Saliou Ndiaye, ces ménages ont «des niveaux de dépense par tête relativement plus faibles, ce qui indique qu’ils sont généralement plus pauvres, mais ont tendance  à dépenser relativement plus dans l’éducation et la santé».
A l’en croire, «les résultats confirment que les ménages avec des migrants sont moins motivés à participer au marché du travail en raison des transferts d’argent qu’ils reçoivent». D’après les auteurs de cette étude, les résultats suggèrent que «les flux de transfert d’argent peuvent générer une forme de parasitisme». Dr Ndiaye explique : «En effet, les résultats montrent que plus le montant des transferts reçus augmente plus la motivation des ménages diminue, cela devient significatif lorsqu’un certain niveau ou montant est atteint.» Partant de ce constat, l’enseignant souligne que «si les résultats suggèrent que les transferts d’argent contribuent à améliorer le développement du capital humain au Sénégal par les dépenses relativement plus importantes des ménages bénéficiaires dans l’éducation et la santé, cela ne signifie pas que les performances des indicateurs de santé et d’éducation soient meilleures pour ces ménages».
Pour contrer cet effet de «parasitisme» que ces transferts tendent à générer, les auteurs suggèrent «de considérer l’élaboration de politiques visant à créer des opportunités économiques pour les ménages avec migrants». Ce, en favorisant «l’entreprenariat ou la réallocation des fonds reçus vers des investissements productifs». De même, ils préconisent «l’implication des Sénégalais de l’extérieur dans les efforts de développement national, via la création d’opportunités d’investissement productif pour ces migrants». «Enfin, comme les résultats montrent l’importance des transferts d’argent pour l’amélioration du capital humain au Sénégal, les auteurs recommandent non seulement l’adoption d’une politique migratoire nationale, mais aussi la formalisation des voies de transfert d’argent par les migrants vers le Sénégal», a-t-on indiqué.

dkane@lequotidien.sn

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