PARTAGER

Pour financer les projets contenus dans son Plan d’actions prioritaires 2019-2023, le gouvernement du Sénégal va en Groupe consultatif à Paris pour trouver 3 000 milliards. Le contexte économique national et les performances du pays mettent cette ambition largement à la portée de la main.

A partir du lundi prochain, sous la présidence du chef de l’Etat Macky Sall, le Sénégal tient son 8ème Groupe consultatif pour financer les programmes inscrits dans la seconde phase du Plan Sénégal émergent (Pse 2). Le gouvernement espère lever un peu moins de 3 000 milliards de francs Cfa (exactement 2 850), même si, au cours de son Roadshow à travers les grandes places financières du monde, le ministre de l’Economie, des finances et du plan Amadou Ba a reçu des promesses d’engagements bien plus importants.
Le Plan d’actions prioritaires (Pap) 2019-2023 du Pse pour le financement duquel l’Etat cherche tous ces financements vise, selon une note du ministère de l’Economie, des finances et du plan, à «renforcer les bonnes performances macroéconomiques, l’offre en services sociaux de base et accélérer l’éradication de la pauvreté». Le document estime que «cette politique de productivité, à travers le développement des infrastructures et la diversification du tissu industriel, constitue le véritable socle pour garantir une émergence durable de notre économie».
Si le gouvernement est si optimiste quant à ses chances d’obtenir la somme attendue des bailleurs de fonds, malgré le contexte électoral qui se profile à l’horizon le plus proche, c’est du fait surtout de ses performances économiques. Le taux de croissance est attendu en fin 2018, pour la quatrième année consécutive, au-dessus de 6%, exactement à 6,8%. Le déficit budgétaire a connu une certaine hausse du fait de la surchauffe des prix des hydrocarbures, mais il reste encore maîtrisable à 3%.
Dans un contexte où les importantes découvertes en pétrole et gaz réalisées dans le pays verront leur exploitation entamée, on peut considérer que le Pap2, qui cible des secteurs jugés prioritaires comme l’agriculture, l’agro-industrie, les infrastructures, l’économie numérique, la construction et l’énergie, sera certainement un accélérateur de croissance, si le pays parvient à se maintenir dans la dynamique qu’il a connue depuis 2014. Le gouvernement rappelle que «le Sénégal a enregistré des progrès substantiels dans l’amélioration du climat des affaires, à travers la mise en œuvre du Programme triennal de réformes de l’environnement des affaires et de la compétitivité (Preac), pour se hisser parmi les meilleurs réformateurs du monde». Le Sénégal se veut ouvert aux investisseurs et se donne les moyens d’être, comme disait Aminata Niane, «business friendly». Pour cela, «l’Etat du Sénégal a mis en place des Zones économiques spéciales (Zes) à Diamniadio, à Diass et à Sandiara pour accroître les opportunités économiques du secteur privé et amorcer l’industrialisation durable du pays». Le nouvel aéroport de Diass, les autoroutes de Touba et de Dakar à Mbour, en passant par l’aéroport, ainsi que le Train express régional (ter) qui reliera la capitale à l’aéroport en moins de 45 minutes sont censés augmenter l’offre en infrastructures, et ainsi rendre le pays encore plus attractif. Tous ces éléments devront jouer dans la balance à Paris quand le gouvernement, à la tête duquel il y aura le Président Sall, fera face aux bailleurs de fonds, au siège de la Banque mondiale, à Paris.
mgueye@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here