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Pour utilisation frauduleuse d’un réseau de télécommunication, l’émigré Macoumba Guirane et son co-prévenu risquent des mois de prison. Le délibéré de l’affaire les concernant et qui a été appelée, hier, à la barre est attendu le 02 mars prochain.

Au Sénégal, les opérateurs de téléphonie sont victimes  de vols récurrents sur leur réseau. Les spécialistes malintentionnés de l’informatique par leur génie transforment les appels entrants internationaux en appels nationaux. Cette opération en un clic sur internet procure à ces fraudeurs des millions de francs Cfa. Pendant ce temps, Orange, Expresso ou Tigo réalisent des pertes «incommensurables». Grâce à la vigilance des Forces de défense et de sécurité, certains sont traqués et arrêtés jusque dans leurs derniers retranchements.
Après la condamnation de Serigne Abo et d’Abibou Mbacké la semaine dernière, d’autres «fraudeurs» ont été présentés, hier, à la barre pour répondre des faits qui leur sont reprochés. En effet, l’émigré Macoumba Guirane et son co-prévenu, Oumar Diouf, sont poursuivis pour «association de malfaiteurs, utilisation frauduleuse d’un réseau de télécommunication, accès dérobé à un système informatique».
Hier lundi, devant le Tribunal des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar, les deux prévenus sont revenus sur leurs manœuvres. Vivant en Espagne depuis quelques années, le sieur Guirane a eu à faire la connaissance d’un certain Miguel Fituwane. Ce dernier aurait sollicité les services du Sénégalais pour «la sale besogne». Pour ce faire, un appareil appelé Sim box a été a mis à la disposition de notre compatriote. Alors pour tromper les contrôles de la Douane, en transportant la machine en direction du Sénégal, il l’a dissimulé sous forme d’amplificateur. Un salaire mensuel de 300 mille francs Cfa a été arrêté par les deux parties. Une fois le matériel installé, l’employé de Miguel va recruter à son tour, le sieur Oumar Diouf. Pour cette assistance, il est rétribué à la somme de 100 mille francs Cfa par mois.
L’équipe était chargée de détourner les appels internationaux. Ensuite, de les convertir en appels nationaux pour se faire de l’argent. Devant le juge, les deux prévenus disent nier avant leur arrestation qu’ils fraudaient en travaillant pour l’Espagnol.
«Nul n’est censé ignorer la loi», rétorque Madame le procureur dans son réquisitoire. Pour la représentante du ministère public, dans cette affaire, il s’agit d’un «réseau qui a agi simplement car motivé par l’appât du gain». Pour le délit d’«association de malfaiteurs», elle a réclamé une peine de 2 ans dont 6 mois ferme. Pour les autres délits, 1 an dont 6 mois ferme pour chaque chef d’inculpation. Un million de francs Cfa d’amende a été aussi requis contre les prévenus.
Constituées parties civiles, la Sonatel et la Sentel ont respectivement demandé la somme de plus de 65 millions de francs Cfa et 100 millions de francs Cfa en guise de dommages et intérêts.
La défense pour sa part a signalé au tribunal que «ses clients ne savaient pas qu’ils s’activaient dans une activité délictuelle». Les avocats ont plaidé la relaxe au bénéfice du doute ou une application extrêmement bienveillante de la loi pénale, si le tribunal est convaincu de leur culpabilité. L’affaire a été mise en délibéré au 02 mars.

msakine@lequotidien.sn

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