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Pour une histoire de vente de voiture, les prévenus Mame Awa Ndiaye Mbacké, Saliou  Cissé, Katy Ndiaga Mbaye et Mountaga Thiam risquent six mois de prison ferme. Hier, ils ont été présentés à la barre du Tribunal des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar pour «association de malfaiteurs, faux et usage de faux dans un document administratif». L’affaire a été mise en délibéré au 10 janvier prochain.

Six mois de prison ferme. C’est la peine encourue par les prévenus Mame Awa Ndiaye Mbacké, Saliou Cissé, Katy Ndiaga Mbaye et Mountaga Thiam. Ils sont poursuivis pour «association de malfaiteurs, faux et usage de faux dans un document administratif». En effet, tout est parti d’une plainte du sieur Daniel Graf, directeur général d’une société solaire, portant sur un véhicule de marque Hyundai.
Depuis l’étranger, M. Graf aurait ordonné à son ex-épouse, par ailleurs fille de son marabout Serigne Atteikh Mbacké, de s’occuper des formalités administratives pour faire sortir son véhicule importé du Port autonome de Dakar. Et quelque temps après, leur mariage vole en éclats ; 2 mois seulement après leur union. Alors, le sieur Daniel Graf n’a pas mis du temps pour décharger la dame Mbacké de la mission qu’il lui avait confiée. Il désignera par la suite un certain Salif Bakhoum, neveu de sa première épouse, afin qu’il procède aux démarches pour rentrer en possession de la voiture. C’est dans ce cadre que des correspondances auraient été adressées aux autorités portuaires sur ce changement de statut.
De l’autre côté, la dame Mbacké tente vaille que vaille de mettre la main sur «le cadeau» offert par son ex. C’est alors qu’elle va solliciter les services de la transitaire Katy Ndiaga Mbaye. Cette dernière demandera à Mountaga Thiam, stagiaire dans sa société, de falsifier une carte nationale d’identité. L’étudiant parvient alors à scanner une pièce d’identité au nom d’un certain Salif Bakhoum, mais avec des mentions différentes du vrai Salif désigné pour exécuter les formalités. Avec cette pièce, Mame Awa a pu obtenir un bon à enlever auprès de la société Aquamarine Sa. Et après avoir payé les frais de douane et obtenu la voiture, elle l’a vendue au nommé Saliou Cissé à 5 millions de francs Cfa, accompagné du connaissement relatif à l’importation, de la photocopie de la Cni et d’une décharge.
Pour le procureur, Katy et son stagiaire sont des «délinquants, des faussaires». Le ministère public a réclamé une peine de 2 ans de prison dont 6 mois ferme contre tous les prévenus.
A la barre du Tribunal des flagrants délits de Dakar, les deux «faussaires» ont reconnu les faits qu’ils ont commis «sous le coup de l’empressement». Pour sa part, l’avocat de Saliou Cissé a plaidé la restitution de la voiture à son client. Selon lui, son client a acquis «le véhicule auprès de Mame Awa avec un titre de propriété original. Ce, dans des conditions transparentes, limpides et de bonne foi.» Au moment de la vente, dit-il, il n’y avait pas eu de changement de nom dans le connaissement.
Le conseiller de la partie civile, Daniel Graf, après s’être attardé sur le modus operandi de la dame Mbacké, a exhorté aussi la restitution de la voiture à son client qui est «le véritable propriétaire». L’avocat a en même temps sollicité 2 millions de francs Cfa de dommages et intérêts pour les préjudices subis. Et pourtant, selon Mame Awa Mbacké, son ex-mari lui avait bel et bien remis ledit véhicule en guise de cadeau. Se basant sur cet élément, son avocat a demandé sa relaxe pure et simple.
Pour leur part, les conseillers de Katy et de Mountaga, après avoir fait part de leur souhait de voir l’écartement du délit d’association de malfaiteurs, ont plaidé l’application extrêmement bienveillante de la loi pénale. L’af­faire a été mise en délibéré au 10 janvier.
 msakine@lequotidien.sn

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