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Emigré de son état, Mamadou Sakho a été récemment victime d’un vol portant sur plus de 2 millions de francs Cfa et de celui d’un téléphone portable d’une valeur de 800 euros, soit près de 500 mille francs Cfa. Le forfait serait perpétré vers les coups de 4 heures du matin. Et c’est à l’aube que le vieux a été surpris de constater la disparition de sa mallette, contenant de l’argent et ses documents. De prime à bord, Mamadou Sakho n’a pas cherché loin. Ses soupçons se dirigèrent automatiquement vers son fils Hamza Sakho. Ce dernier, cuisiné par les enquêteurs de la police de Grand Dakar, n’a pas mis trop de temps pour passer aux aveux. L’adolescent reconnaît avoir volé l’argent et le cellulaire, mais sur instigation de son ami Birane Sy.
A l’enquête préliminaire com­me à la barre, Sakho-fils est revenu sur le modus operandi. Selon Hamza, c’est lui même qui a escaladé le mur du balcon pour s’introduire dans la chambre de ses parents. Il prend d’abord le téléphone de son père et passe par la porte pour ensuite aller le remettre au «commanditaire». Sachant qu’il ne peut pas passer par la porte d’entrée de la maison à cause de la présence du gardien, dit Hamza, il en a parlé à Birane. Ce dernier chargera par la suite Mouhamed Diallo d’aller récupérer la mallette avec Hamza dans la maison mitoyenne à celle des Sakho.
Dans son récit, le petit a déclaré que la mallette a été ouverte à son insu. La suite, c’est la bamboula. Les trois acolytes changent du jour au lendemain leur mode de vie. L’argent obtenu par le labeur du papa de Hamza Sakho sera alors gaspillé entre achat d’effets vestimentaires, les restaurants et les jeux de billard.
Hier à la barre, Hamza Sakho a comparu à titre de témoin. Les prévenus Birane Sy et Mou­hamed Diallo ont reconnu les faits à moitié. Poursuivis pour «association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec escalade», ils déclarent n’avoir jamais été sur les lieux du vol. D’après eux, c’est le fils de Mamadou Sakho qui a lui-même pris la mallette avant de venir l’ouvrir devant eux à l’aide d’un tournevis. Par la même occasion, les deux mis en cause ont soutenu qu’il s’agit de 700 mille francs Cfa et non de millions comme avancé par le père de leur ami. Seule la somme de 80 mille et les documents administratifs ont été retrouvés chez Birane lors de la perquisition.
De l’avis du représentant du ministère public, «les faits ne souffrent d’aucune contestation». Sur le cas spécifique de Birane Sy dont son passé pénal a été étalé à la barre, le procureur dira qu’il «ne daigne pas s’amender en dépit de ses condamnations». Il a alors sollicité la disqualification des faits de vol en complicité avec 2 ans de prison dont 18 mois assortis du sursis. Et pour l’infraction d’association de malfaiteurs, le Parquet a requis la peine de 2 ans ferme avec confusion des peines.
En retour, la défense a demandé au juge et à ses assesseurs de tenir compte de l’âge des prévenus. Avant de plaider une application extrêmement bienveillante de la loi pénale, Me Iba Mar Diop a laissé entendre que «personne ne peut prouver que cette somme a été volée. Ils ont tous dit que c’est 700 mille francs Cfa».
Auparavant Me Cheikhou Koïta, avocat de la partie civile, a indiqué que «Birane raconte des histoires. Vous avez en face de vous un délinquant multirécidiviste, car plusieurs fois arrêté et condamné. Il a une très mauvaise réputation dans le quartier. Hamza a été victime même s’il dit ici à la barre qu’il n’a jamais été menacé. Et pourtant, on l’avait menacé pour qu’il vole les biens de ses parents sous peine d’être pendu». Et d’ajouter : «Les faits sont constants. Il est temps qu’on montre à Birane Sy que la justice, c’est quelque chose de très sérieux.»
Alors pour tous préjudices et causes subis par son client, la robe noire a réclamé la somme de 5 millions de francs Cfa de dommages et intérêts. Le délibéré est attendu le 10 novembre.
msakine@lequotidien.sn

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