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Comme redouté aussi bien par les autorités sanitaires que les lanceurs d’alertes et même la presse, l’après-Tabaski est devenu une période difficile dans la gestion de la pandémie du coronavirus à Saint-Louis. Hier, sur les 82 cas communautaires identifiés par le ministère de la Santé et de l’action sociale, Saint-Louis en a compté au total 11. Un chiffre qui inquiète les populations de la Vieille ville où, en attendant des explications officielles des autorités sanitaires, la piste du flux de personnes venues passer la Tabaski en provenance de l’intérieur du pays et surtout de la Mauri­tanie est la plus usitée.

Si le chiffre effarant de 82 cas issus de la transmission communautaire communiqué hier par le ministère de la Santé et de l’action Sociale inquiète plus d’un Sénégalais, ici à Saint-Louis qui arrive en tête, loin devant, parmi les 28 localités du pays où ces cas ont été détectés, la peur s’est à nouveau installée. La Région médicale de la Vieille ville a, en effet, remporté la palme des zones les plus touchées par la transmission communautaire avec 11 cas au total. A l’image du niveau central qui a fini de constater et de comprendre que le virus du Covid-19 a pris des proportions inquiétantes dans notre pays où les autorités cherchent encore en vain les moyens de stopper sa progression, la chose est aussi de plus en plus compliquée dans la Vieille ville où ces cas communautaires se multiplient de jour en jour. C’est la première fois en effet que la région connaît ce niveau d’infections liées à la contamination communautaire depuis le début de la pandémie il y a cinq mois.
Selon des informations fournies par le bureau de l’éducation pour la santé de la Région médicale de Saint-Louis, durant les dernières 48 heures, la région a enregistré 11 nouveaux cas déclarés positifs au coronavirus, dont 10 issus de transmission communautaire répartis entre Saint-Louis (8) et Richard-Toll (2). 20 patients hospitalisés ont été également testés négatifs, déclarés guéris et sortis du Centre de traitement épidémique (Cte). Au total, la Région a enregistré 101 cas depuis le début de la pandémie. Sur la répartition de ces cas, le district de Saint-Louis arrive en tête avec 70 cas dont 50 issus de la transmission communautaire, 2 cas importés et 18 cas contacts, celui de Richard-Toll arrive en deuxième position avec 31 cas dont 19 importés, 11 cas communautaires et 1 cas contact. Aucun décès n’est à ce jour noté au niveau du Cte de Saint-Louis où 31 patients sont actuellement en cours de traitement.
Toutefois, les autorités sanitaires ont précisé que 4 décès liés au coronavirus ont été dénombrés. Il s’agit de cas suspects graves prélevés et décédés avant réception de résultats, donc non admis au Cte.
Ces informations renseignent sur le fait que des cas asymptomatiques continuent de circuler dans la ville. De quoi inquiéter plus d’un, car ce qui est sûr c’est que le nombre de malades pourrait dépasser le nombre donné officiellement par les autorités sanitaires. Cela appelle donc, de la part des populations, un changement radical de comportement dans une ville où le port du masque est de plus en plus banalisé, où depuis quelques semaines les cérémonies familiales ont repris de plus belle et où les plages sont devenues le lieu de tous les rendez-vous.
Des décisions fortes sont attendues des autorités administratives qui devraient normalement prendre de nouvelles mesures dans les prochaines heures, après la conférence de presse tenue hier par le ministre de l’Intérieur. Aux premières heures de l’Etat d’urgence décrété par le chef de l’Etat au mois d’avril pour barrer la route au coronavirus, le gouverneur de la région, Alioune Aïdara Niang, avait pris un certain nombre d’arrêtés dans le même sillage avant que le président de la République ne prenne des décisions d’allègement.

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