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Le ministre du Commerce et ses services ont réussi à enrichir le vocabulaire de la population de la région de Saint-Louis, et des gens de la Vallée du fleuve. Dans cette zone, maintenant, tout le monde connaît le mot Dipa. Et maudit ces 4lettres qui pour eux, ont un contenu funeste. Car chaque fois que l’on en parle dans cette zone, c’est pour constater que les productions locales ne s’écoulent pas, parce que l’Etat a délivré ces documents à des commerçants véreux, pas du tout intéressés par l’économie nationale mais plus par leur propre poche.
Plusieurs fois, les dirigeants de la Css ont alerté sur les menaces que représentaient ces fameuses Dipa pour la pérennité de leur entreprise, maintenant que celle-ci a atteint la capacité de combler tous les besoins du Sénégal en sucre. Mais chaque fois que les cours mondiaux sont à la baisse, des personnes dont toute l’entreprise tient dans leur cartable, qui ne paient aucun droit à l’Etat et ne versent de salaire qu’à des membres de leur famille, reçoivent l’autorisation de mettre en péril des piliers de l’économie nationale.
On parle de sucre aujourd’hui, surtout parce que les populations de Richard Toll ont pris le relais des dirigeants de la Css. Les près de 100 mille personnes qui vivent de cette ressource dans la région, savent que leur vie et l’avenir de leurs enfants, tiennent à l’activité et au dynamisme de la Css. Et ils ont indiqué le samedi dernier qu’ils ne sont pas décidés à se laisser mourir sans réagir. En période pré-électorale, les choses ne devraient pas se passer comme si c’était du «business as usual». En leur temps, les producteurs de tomate, d’huile ou de coton, n’avaient pas pu réagir. Ils n’ont aujourd’hui que leurs yeux pour pleurer.
Au moment où le président s’apprête à se rendre à Paris pour le financement de la seconde phase de son Pse, quel message présentera-t-il aux financiers internationaux ? Leur dira-t-il que l’essentiel de la croissance du pays provient des secteurs primaire et secondaire, ou leur parlera-t-il de la capacité de nuisance de quelques «commerçants» locaux sans enseigne ni pignon sur rue ? Quelles paroles prononcera-t-il, pour être sûr de convaincre les investisseurs à s’intéresser aux potentiels du Sénégal ? La réponse dépend aussi, et surtout, de sa réaction face à ce que dénonçaient les populations de Richard Toll le samedi dernier.
mgueye@lequotidien.sn

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