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Ouverte hier en présence du ministre de la Formation professionnelle, Mamadou Talla, la Foire des innovations en éducation et formation (Fief), organisée par la Cosydep, baisse ses rideaux aujourd’hui. Les parents démunis ont encore quelques heures pour aller échanger les anciens livres de leurs enfants.

Il règne une ambiance de récréation au Centre culturel Blaise Senghor en cette matinée ensoleillée du vendredi. Très enthousiastes, avec leurs accompagnatrices, un groupe d’élèves tient entre les mains de vieux livres. C’est la bousculade. Chaque gamin veut échanger en premier ses anciens manuels scolaires à la Foire des innovations en éducation et formation. Coumba Loum, responsable du stand, membre de la coordination exécutive de la Cosydep, et ses collègues semblent dépassés par le succès de l’évènement. Et aussi le désordre. Une quinquagénaire essaie de remettre de l’ordre dans les rangs des enfants qui chahutent dans une belle ambiance. Ces élèves rencontrées viennent des collèges d’enseignement moyen de Rufisque pour répondre à l’appel de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep).
Pour une première, la Foire des innovations en éducation et formation (Fief) a drainé du monde. Le stand de la Convergence des aveugles pour l’unité, la solidarité et l’entraide (Cause) attire aussi les regards. Sous la tente, Fama Kâ, habillée en rouge, lunettes noires bien visées sur le nez, foulard autour du cou, fait face aux matériels utilisés pour la méthode braille. Il y a entre autres le braille Coran, des résumés d’œuvre, des tablettes qui permettent aux non-voyants d’écrire en braille. Au même moment, Souleymane Guèye, président de l’Association nationale des enseignants spécialisés pour aveugle, tient en haleine un groupe d’élèves venus assouvir leur curiosité. Comme plaidoyer, Mme Kâ a appelé «l’Etat à mieux prendre en compte la spécificité des personnes handicapées dans le système éducatif national». Dans les autres endroits de la foire, les visiteurs passent et repassent pour découvrir le contenu des stands sous les airs de la musique.
Abdoulaye Ndoye, secrétaire général du Cusems, explique les raisons de sa participation à la Fief. Il dit : «C’est pour nous l’occasion de montrer encore une fois qu’au-delà de l’aspect revendicatif, le rôle d’un syndicat c’est de se battre pour la revalorisation et la réhabilitation de la fonction enseignante.» Et d’ajouter : «Maintenant, il faut l’inscrire dans l’agenda du système éducatif. Nous le disons solennellement à monsieur le ministre et aux responsables de la Cosydep que c’est une première. Non seulement il faut l’inscrire, mais il faut l’étendre sur toute l’étendue du territoire sénégalais pour permettre aux enfants les plus démunis de pouvoir profiter de la largesse des autres.» En écho, le ministre de la Formation professionnelle, Mamadou Talla, après avoir salué l’initiative, sollicite la pérennisation de cette «belle idée». Le président du Conseil d’administration de la Cosydep,  Moussa Mbaye, pour sa part, s’est réjoui du déroulement de l’événement : «Nous sommes très satisfaits, mais nous pensons que ceci n’est qu’un début. Parce que ce que vous voyez ici, c’est une petite goutte par rapport à toute l’ingénierie, à tout le génie que des Sénégalais au quotidien font pour réinventer.» Les rideaux vont tomber aujourd’hui en attendant probablement l’édition de l’année prochaine.
msakine@lequotidien.sn

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