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L’Ordre national des médecins du Sénégal va toiletter ses textes pour coller davantage au fonctionnement du monde moderne.

L’Ordre national des médecins du Sénégal (Onms) a organisé ce samedi une journée ordinaire. Cette première du genre avait pour objectif de faire l’état des lieux dans le secteur de la santé. «Il nous a paru de ce point de vue important de provoquer un moment de rencontre pendant lequel les médecins vont se retrouver pour analyser et faire des propositions par rapport à l’avenir de la profession», a expliqué Dr Joseph Mendy. Selon le vice-président de l’Onms, leur structure ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. «Il y aura d’autres rencontres en ce sens», a-t-il- précisé.
En attendant, cette première rencontre, qui s’est faite sans distinction du mode d’exercice, de l’appartenance de secteur et de syndicat, a principalement porté sur le projet de texte de loi visant à changer l’organisation et les conditions de l’exercice du métier de médecine. L’idée, c’est de revisiter la loi 66-09-1966 sur l’Ordre des médecins où il y a des données sur la recherche, l’éthique, la relation entre les professionnels, les cabinets de groupes qui n’y figurent pas.
Les prochaines rencontres, poursuit le vice-président de l’Ordre national des médecins du Sénégal, seront plutôt thématiques. «Elles permettront de faire des changements sur le plan administratif», ajoute-t-il. A en croire Dr Mendy, l’Ordre est plus concentré à Dakar. C’est pourquoi ils voudraient apporter un changement majeur en mettant en place des ordres régionaux. «Dans toutes les régions, il y aura un Conseil régional de l’ordre qui sera chargé de veiller au respect de la déontologie», promet Joseph Mendy qui n’a pas manqué de déplorer le fait que les pouvoirs publics ne profitent pas des compétences avérées dont dispose l’Ordre des médecins pour améliorer la bonne marche de la société.
Le vice-président de l’Ordre est d’avis que cela est lié à l’absence des relations bien huilées entre l’Ordre des médecins et les pouvoirs publics. «Des initiatives ont été toujours prises du côté de l’Ordre, mais il n’y a jamais de suivi du côté de l’Etat», regrette-t-il. Dans le même sillage, les médecins ont aussi déploré l’absence de concertation sur les grâces présidentielles.
De l’avis de Dr Mendy, c’est regrettable que Amadou Oury Diallo, condamné pour vente illicite de médicaments, ait été gracié. «S’il y avait une bonne concertation entre les pouvoirs publics et tous les acteurs, les choses n’allaient pas se passer de la sorte», croit-il savoir. Car le gouvernement aurait reçu de bons conseils qui l’auraient évité de prendre une telle décision qui écœure les médecins et les pharmaciens. Malheureusement, cette décision prise de manière unilatérale aurait pu être évitée, s’il avait consulté les concernés. «On ne peut pas les ignorer», a martelé Dr Mendy.

«Au Sénégal, on ne peut même pas voir le ministre»
Interpellés sur le piètre accueil dont sont victimes les patients dans les hôpitaux du pays, les médecins ont indiqué qu’ils n’ont pas des pouvoirs et des prérogatives pour parler à l’Administration quand de tels faits sont avérés. Cependant, ils peuvent sensibiliser leurs collègues qui se trouvent dans ces centres hospitaliers. Dr Joseph Mendy trouve que l’Ordre pourrait jouer un rôle dans l’amélioration de ces systèmes. Seule­ment, cela passe par une bonne coopération qui pourrait aider à réduire de manière considérable ces problèmes. «Il faut remarquer qu’il y a beaucoup d’efforts qui ont été faits dans le secteur de la santé, mais il reste à faire. Il suffit aujourd’hui d’avoir un malade sérieux pour s’en rendre compte des difficultés qui existent dans le secteur de la santé», a reconnu le médecin. En outre, il magnifié la mise en place de la Cmu pour l’amélioration de la santé des Sénégalais. Selon lui, un Peuple malade ne peut pas se développer. Par conséquent, il trouve que ce projet vient à son heure pour permettre à notre pays de se développer. Le vice-président a aussi déploré l’absence des autorités à leur rencontre. «On a invité les autorités qui devaient être représentées par le ministre, mais pas de réponse. C’est un cri du cœur. Quand nous sommes sollicités dans la sous-région par rapport à l’éthique et quand on y va, c’est le président de la République qui vient. Mais ici, on ne peut même pas voir le ministre», a-t-il dénoncé.
justin@lequotidien.sn

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