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Pour le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur, les universités publiques fonctionnent dans «l’illégalité». Une donne qui, entre autres, risque de menacer le bon déroulement de la rentrée académique 2020-2021.

Perturbée par le Covid-19, l’année universitaire 2019-2020 est en phase terminale. Mais l’année 2020-2021 ne se présente pas sous de meilleurs auspices. Du moins, c’est l’avis du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) qui a tenu une conférence de presse hier à l’Ucad 2 pour lister les menaces qui planent au-dessus de la prochaine rentrée dans les facultés, écoles et instituts. «Les universités sénégalaises fonctionnent dans une totale illégalité depuis la promulgation de la loi 2015-26 du 28 décembre 2015», a dénoncé Malick Fall, secrétaire général du Saes. En effet, le décret 2020-979 fixant les règles d’organisation et de fonctionnement des universités publiques a été signé le 23 avril 2020 par le président de la République. Cependant, il est attendu les décrets portant organisation de chaque université ainsi que celui des écoles et instituts. «Le ministère de l’Enseigne­ment supérieur, de la recherche et de l’innovation doit produire un arrêté qui fixe les modalités de désignation des représentations dans les conseils d’administration et académique. A ce jour, aucun projet d’arrêté en ce sens n’est disponible», s’insurge le secrétaire général du Saes.
Autre question qui risque d’être un goulot d’étranglement lors de la rentrée universitaire, l’orientation des bacheliers. Pour le Saes, une bonne partie des difficultés rencontrées dans les universités publiques en 2019-2020 découle des «manquements observés dans l’orientation des bacheliers de 2019 après que le gouvernement a décidé d’orienter l’ensemble des nouveaux bacheliers 2019 dans les établissements publics d’enseignement supérieur, sans tenir compte des infrastructures pédagogiques et sociales disponibles dans les universités publiques et de l’avis des instances pédagogiques». A la suite de cette situation, le Saes avait exigé un audit du processus d’orientation des bacheliers. Mais, regrettent les syndicalistes, il n’a pas eu lieu.
Par ailleurs, le Saes demande au ministère de l’Enseignement supérieur de presser le pas pour de véritables discussions sur les questions d’organisation et de financement de la recherche. De plus, les syndicalistes appellent le gouvernement à achever les chantiers dans les universités. Face au mutisme des autorités et aux «manœuvres dilatoires» de leur ministère de tutelle, le Saes se dit «obligé de dérouler progressivement son plan d’actions jusqu’à la résolution totale de ces questions fondamentales pour une université ouverte sur le développement». Ainsi, le Saes met le gouvernement devant ses responsabilités et «le tient pour seul responsable de toute situation dommageable à l’enseignement supérieur».

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