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Au-delà de la reconduction de Souleymane Teliko, l’Ag de l’Ums a été encore une tribune de revendications et de promesses.

Souleymane Teliko a été reconduit à la tête de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) ce week-end. Cette reconduction a été sans doute facilitée par son bilan «reluisant» qu’il s’est efforcé de détailler lors de leur Assemblée générale. Il a d’abord salué les journées scientifiques de l’Ums dont des thèmes étaient relatifs à la longue détention, au trafic de migrants ou encore le processus électoral. Il dit : «Le magistrat n’hésite pas à sortir de la quotidienneté judicaire pour se mettre à l’écoute de la société. Cette sensibilité citoyenne constitue à nos yeux, un legs précieux de nos illustres prédécesseurs  qui en plus d’avoir porté l’Ums sur les fonts baptismaux, ont su, avec engagement et clairvoyance  en bandoulière, rehausser l’image et le prestige de la magistrature sénégalaise bien au-delà de nos frontières.» Malgré cela, il y a encore des impairs à corriger pour permettre de meilleures conditions de travail aux magistrats. «Si vous allez au Tribunal de grande instance de Pikine, il y a des magistrats qui n’ont pas de bureau ou qui partagent des bureaux. Il faut des locaux plus adaptés pour le respect des magistrats. Une justice crédible et respectable, c’est d’abord une justice qui se rend dans des locaux adaptés, conçus à la mesure de la majesté et de l’autorité d’un pouvoir véritable», recense le président de l’Ums. Dans le même sillage, il a déploré le manque de sièges de la Cour suprême. «La plus haute institution judicaire tarde à disposer d’un siège digne de ce nom, digne de son rang et cela préoccupe les acteurs. Il y a aussi que dans de nombreuses juridictions, le personnel judicaire en général et les magistrats en particulier travaillent dans des conditions qui ne cadrent pas avec les exigences d’un service public moderne et performant», regrette le juge. Qui salue néanmoins les efforts consentis pour résorber le gap en termes d’infrastructures. «Le Palais de justice de Dakar et celui de Louga, pour ne citer que ces deux édifices, rendent suffisamment compte de l’importance des moyens déployés par nos autorités pour rehausser le prestige de l’institution judicaire», explique M. Teliko.

Fonctionnement Csm
Me Malick  Sall, Garde des sceaux, embraie en soutenant que son premier chantier «c’est d’accompagner les magistrats dans la transparence  dans la nomination  et les avancements des magistrats». «Sur ce point, les décrets d’application des lois organiques portant statut des magistrats et sur le Conseil supérieur de la magis­trature  ont été enrôlés dans le circuit d’adoption du Conseil des ministres. Le décret relatif aux modalités de désignation des membres élus et au fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature a d’ailleurs été adopté en Conseil des ministres le 25 juillet 2019. Par contre, le décret  d’application sur l’évaluation de l’activité professionnelle des magistrats est toujours en cours d’élaboration, pour  les besoins d’une large concertation avant sa validation», souligne Me Malick Sall. Il a détaillé l’importance du système d’évaluation de l’activité professionnelle des magistrats. «Les fiches d’évaluation proposées ont fait l’objet d’un large partage lors de la visite des juridictions effectuée à l’inté­rieur  du Sénégal.  Et le processus sera bouclé après la visite des juridictions de Dakar. Cette dernière  réforme qui pourrait être mise en application dès 2020, permettra à terme plus d’objectivité dans les nominations, gage d’un renforcement de l’indépendance de la justice», estime le chef de la Chancellerie, qui rappelle que «le sys­tème  d’information statistique mis en place par son département  permettra de recueillir des informations précises sur l’activité des juridictions». Très loquace, le ministre de la Justice demande une meilleure efficacité du système judicaire pour participer à l’amélioration du classement  du Sénégal  au Doing Business. «A ce titre, un bilan sera effectué sur les activités du Tribunal de commerce et des réformes proposées pour une meilleure appropriation de ses compétences et une plus grande articulation avec l’organisation judicaire», a-t-il précisé. Quid du processus de dématérialisation de la gestion du registre de commerce et du crédit mobilier entrepris par son département en partenariat avec d’autres partenaires ? «A ce jour, le déploiement national du registre  de commerce et la formation de tous les utilisa­teurs  ont été assurés. Le projet est à sa phase terminale, le système informatique ayant été développé, testé, installé et utilisé dans tous les tribunaux de grande instance sauf celui de Kédougou qui le sera incessamment», informe-t-il.

Informatisation du casier judiciaire
Dans son discours, il a révélé que l’informatisation du casier judiciaire avec le bureau d’exécution des peines est en test au niveau du Tribunal de grande instance de Saint-Louis. «Cette phase-pilote participe de cette logique d’accessibilité et de fiabilité des actes délivrés aux usagers du service public de la justice. Il en est de même  de la plateforme de gestion électronique des dossiers du personnel judicaire en phase de finalisation avec comme résultat attendu une plus grande maitrise de l’effectif et une meilleure gestion des carrières des magistrats», dit-il en citant l’exemple des valises biométriques installées lors de l’Ag de l’Ums, qui ont permis d’enrôler dans la base de données biométriques tous les magistrats qui ont été recrutés depuis 2012. Cela permettra l’édition des cartes d’identité professionnelle numériques des magistrats.
In fine, il a annoncé l’achèvement  des chantiers et la construction «d’infrastructures dignes de la justice» comme la finalisation des travaux du Palais de justice de Saint-Louis, du Centre de formation judicaire, la construction du Tgi de Pikine-Guédiawaye, du Tribu­nal de commerce et de l’Ecole nationale de magistrature.

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