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Le député Moustapha Guirassy.

Au total, 22 milliards 340 millions 124 mille 755 francs Cfa ont été répartis aux collectivités territoriales de 2010 à 2019, au titre du Fonds de péréquation et d’appui. «L’Etat avait voulu payer l’intégralité de cette somme depuis des années, mais des problèmes de quotité selon les communes les plus impactées, à forte densité entre les noyaux et les zones tampons, s’étaient posés. Toutefois, 5 milliards de francs sont déjà disponibles et devraient être distribués aux collectivités territoriales avant la fin de cette année», a promis hier Sophie Gladima à l’occasion du vote du projet de loi portant création de la Société des mines du Sénégal (Somisen).
Dans le cadre de la création d’emplois, le recrutement des jeunes des régions abritant les sociétés minières a été le cri du cœur du député Moustapha Guirassy. «Il n’y a aucun fils du terroir directeur ou directeur général d’une société minière», a dénoncé M. Guirassy. L’ancien maire de Kédougou invite à interroger la qualité des emplois offerts aux autochtones. M. Guirassy rêve de voir des fils de la région occuper des postes de responsabilités comme des directeurs généraux. Pour lui, l’argument de défaut de qualification que les sociétés minières opposent aux jeunes ne tient pas. «C’est un argument un peu fallacieux, parce qu’il n’y a pas d’audit.» Aussi a-t-il exigé des plans de formation lorsqu’une société minière arrive dans une région et qu’elle voit qu’il y a des besoins en termes de formation. «Il s’agit d’un plan de formation. On ne peut pas répondre sèchement qu’il n’y a pas de personnels qualifiés, donc on va chercher ailleurs. C’est une frustration légitime qui est là», s’est-il plaint.
En outre, M. Guirassy a plaidé pour des sièges respectables et honorables des sociétés minières dans les zones d’exploitation. A l’en croire, à ce jour, aucun siège n’est implanté dans les régions de production. «Ils sont tous aux Almahdi», ironise le député, qui rapporte là une revendication des populations de voir érigées des sièges dans ces régions. Ce qui permettrait d’accélérer l’urbanisation et la modernisation, mais également de rapprocher les populations du siège. «Les sociétés minières ne sont pas tenues de résorber le chômage de leur localité d’accueil», a réagi le ministre Aïssatou Sophie Gladima, tout en soulignant que «si les postes qu’elles pourvoient sont dans les cordes des jeunes du secteur, c’est une chance. A défaut, ces sociétés chercheront un personnel qualifié ailleurs».
Par ailleurs, des parlementaires ont souhaité que la Res­ponsabilité sociétale de l’entreprise (Rse) soit désormais une obligation pour les entreprises. Pour ce faire, ils ont recommandé à l’Etat de leur faire signer, au moment de délivrer les permis aux entreprises, un protocole qui les y engage et les poursuivre en cas de non-respect.

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