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Professionnel ou simple amateur, amoureux de la kora, il est dormais possible de maitriser l’histoire et la pratique de cet instrument. A Saint-Louis, l’école de Ablaye Sissoko offre des cours pour s’initier, se perfectionner ou se professionnaliser à la kora.

Comme tous les autres secteurs de la Culture, la formation des musiciens pose problème. Et pour rectifier cet impair, Ablaye Sissoko a ouvert depuis 3 ans, avec le soutien de la Bicis, une école de formation sur la kora. L’objectif est de permettre à chacun d’explorer l’aspect professionnel de cet instrument. Ils sont actuellement une douzaine de jeunes à suivre les cours. Hier dimanche, ils étaient 2 filles et un garçon à ouvrir les festivités. Appliqués, ces gamins âgés d’à peine 12 ans ont fait frémir de bonheur les quelques privilégiés qui se sont déplacés. Accompagnés par un synthétiseur, ces bambins ont prouvé que le talent n’a ni âge ni ethnie. C’est tout l’intérêt de la création de cette école. «Avec autant d’artistes, le Sénégal n’a qu’un seul conservatoire. Pour protéger ma kora, je ne vais pas attendre», a expliqué Ablaye Sissoko. Qui informe qu’il y a 3 niveaux de formation : l’initiation, la perfection et la professionnalisation.
Interpellé sur la présence de filles dans son école, Ablaye Sissoko affirme que le contexte actuel ne peut permettre de faire de distinguo entre les genres. «Peut-on imaginer que la kora soit féminine et qu’elle ne puisse être jouée par la femme ? Ce n’est pas cohérent. L’instrument est fabriqué en se basant sur des rites, c’est ce qui fait qu’on l’interdit à la femme. Ce côté mystique empêchait la femme de la toucher.» Mais, reconnait-il, «maintenant 99% des koras fabriquées ne prennent pas en charge cet aspect».
Pour Ablaye Sissoko, il faut juste se concentrer sur l’apport de cet instrument plutôt que de s’épancher sur le joueur. «La kora apporte la paix dans le cœur et l’âme des hommes. Elle apaise et adoucit. Ma mission est de suivre les traces de mes anciens. Je suis fier de ce que je suis mais aussi responsable de le présenter dignement», a-t-il défini la kora.

L’histoire de la kora
D’après la légende racontée par Ablaye Sissoko, Kimouti, un homme de paix ne pouvait supporter la barbarie humaine. Choqué par la violence humaine, Kimouti passait des heures à méditer sur sa mission sur terre. Il ne pouvait comprendre qu’on puisse vivre dans tant de brutalité. Submergé par des questions existentielles, l’homme décida d’aller chercher des réponses. Il entreprit un voyage en ayant en ligne de mire le soleil levant. Il traversa une forêt dense. Arrivé devant un lac et ne sachant pas nager, il trouva une pirogue qu’il utilisa. Il rencontra un esprit qui lui ordonna de travailler le bois, le fer, etc., bref tout le matériel nécessaire à la fabrication de la kora. C’est comme cela qu’il revint au village avec l’instrument. Les notes qui en sortaient avaient une vertu thérapeutique. Depuis lors, la kora est devenue l’outil qu’il est aujourd’hui.

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