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Depuis hier, une formation régionale des formateurs réunit des professionnels du droit venus de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest autour de «La cybercriminalité et la preuve électronique».

Internet n’est pas net. Il est devenu de plus en plus le terreau fertile des réseaux djihadistes pour enrôler des jeunes endoctrinés. La toile est aussi le milieu privilégié des bandits de grand chemin pour arnaquer d’honnêtes gens. Dans un monde où nul n’est à l’abri, les pays francophones et lusophones de l’Afrique de l’Ouest veulent tirer dans le même sens pour juguler ce phénomène des temps modernes. Depuis hier, une formation régionale des formateurs a réuni les professionnels du droit sur la «Cybercriminalité et la preuve électronique» pour 4 jours. Les participants, venus du Bénin, du Burkina Faso, du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Togo et du Sénégal suivent les cours au Centre de formation judiciaire. «Pour le trafic de stupéfiants, les groupes criminels organisés emploient des cybercriminels pour pénétrer les réseaux d’agents maritimes et les compagnies de conteneurs. Les agresseurs d’enfants à risque élevé ciblent les professionnels de l’informatique qui abusent des enfants pour permettre le développement de leurs réseaux (…) Deuxièmement, le chiffre des données des ordinateurs et des appareils mobiles posent des problèmes importants aux enquêteurs, procureurs et juges», a soutenu la représentante adjointe du bureau régional de l’Onudc pour l’Afrique de l’Ouest. Chantal Lacroix dit : «Les principaux succès stratégiques du programme global sont sur trois fronts : Premièrement, un accroissement de l’efficience et de l’efficacité des enquêtes, des poursuites et de l’arbitrage de la cybercriminalité dans un cadre solide en matière de droit de l’Homme. Deuxièmement, une réponse gouvernementale efficace à la cybercriminalité sur le long terme, conduisant à une réponse durable et à une plus grande dissuasion. Et troisièmement, le renforcement de la communication entre les organismes gouvernementaux en matière de cybercriminalité, entre les organismes chargés de l’application de la loi et du secteur privé (….)», explique-t-elle.
Le représentant de la Cedeao, pour sa part, est revenu sur les conséquences économiques du phénomène. Raphaël Koffi révèle qu’«au niveau économique, les pertes sont énormes. Je donne l’exemple simplement du Nigeria où le ministre des Technologies de l’information et de la communication a mentionné que les pertes annuelles causées par la cybercriminalité étaient environ 600 millions de dollars par an. La Côte d’Ivoire, en 2015, était à 6 millions de dollars par an». Le secrétaire général du ministère de la Justice, Alioune Ndiaye, a annoncé que «le Sénégal vient de valider son document de stratégie sur le numérique appelé Sénégal numérique 2016-2025. Il prend en compte la lutte contre la cybercriminalité et la cyber-sécurité dans ses actes stratégiques». Cette formation, destinée aux juges, procureurs qui transmettront à leur tour ces connaissances à d’autres collègues, permettra d’acquérir les «connaissances judiciaires de base sur la cybercriminalité et la preuve électronique».
msakine@lequotidien.sn

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