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La zone sahélienne souffre de déficit de ressources humaines en matière de santé animale. Ce qui plombe le développement du secteur de l’Elevage.

Les services vétérinaires de la sous-région ouest-africaine sont très démunis en ressources humaines pour prendre en charge la santé des animaux. Vieille d’une cinquantaine d’années, l’Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaires (Eismv), qui est l’unique institution de formation francophone pour les 15 pays de la sous-région ouest-africaine, du centre et de l’est francophone à l’exception de la Guinée, n’a formé que près de 140 docteurs vétérinaires pour l’ensemble des pays membres. Alors qu’elle doit  mettre à la disposition des pays membres des docteurs vétérinaires compétents   capables de prendre en charge la santé animale de la région, l’Eismv souffre  d’un personnel vieillissant. Ce qui pose de gros soucis pour l’avenir du secteur, selon le Directeur général de l’institution. «Il y a beaucoup d’insuffisances en ressources humaines dans la mesure où depuis un certain temps, les pays n’ont pas recruté des vétérinaires, alors que ceux qui étaient là sont en train de partir à la retraite, sans compter le nombre important de ceux qui sont allés dans le privé. Ce qui fait qu’il y a un déficit au niveau  de ces services qui ne peuvent pas prendre en compte toutes les pathologies», s’est désolé Yalacé Yamba Kaboret. Il s’exprimait hier à la réunion de concertation, de partage et d’appui à la mise en œuvre de la composante «Amélioration de la santé animale» du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (Praps)  dans le cadre de la coordination régionale du projet. M. Kaboret déplore la sous-exploitation de son établissement qui est toujours, au-delà de son potentiel absolu et dont les principaux besoins  sont d’ordre infrastructurel, financier et en ressources humaines. «L’école a un grand  potentiel qui n’est pas exploité et qu’il faut mettre en œuvre. Il suffit d’un petit appui des Etats membres pour qu’elle puisse subvenir à leurs besoins», liste M. Kaboret. Il poursuit : «Aujourd’hui le service vétérinaire n’est plus ce qu’il était avant. Les besoins sont-là, il faut beaucoup en former pour augmenter les effectifs. Donc on a besoin d’infrastructures modernes, parce qu’il faut aller dans la formation à distance pour permettre de renforcer les capacités des professionnels là où ils servent.»
Depuis quelque temps, le Projet régional pour le développement du pastoralisme  au Sahel, sous sa composante santé animale, a pris en compte la formation des vétérinaires dans son programme.
«L’élevage est une des richesses vraies des pays sahéliens et cette richesse nécessite d’être protégée, développée et valorisée au profit des populations», a dit Oumar Idriss Alpha Roukoh, Coordonnateur général de la santé animale.
La réunion ouverte à Dakar du 3 au 12 mai 2017 va se pencher sur les questions de formation relative à la santé animale,  mais aussi à la mise en œuvre du Praps. Financé par la Banque mondiale à hauteur de 248  millions de dollars, soit environ 150 milliards de francs Cfa, le Praps entend maîtriser  la santé animale dans la région et améliorer la productivité du cheptel. «Sans une approche régionale et concertée, la porosité des frontières risque de réduire à néant les mesures sectorielles prises par nos différents pays pour promouvoir  l’élevage», a dit Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Elevage et des productions animales.
ksonko@lequotidien.sn

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