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L’Institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao) et le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) ont organisé hier un atelier sur «le Journa­lisme sensible au genre». Ce, pour demander aux autorités compétentes d’approuver le module «Journalisme sensible au genre (Jsg)» et d’engager les écoles de journalisme à l’intégrer dans leur curricula de formation.

A l’instar des instituts de formation et universités, les écoles de journalisme ouest africaines ne peuvent pas être indifférentes à l’exigence d’adapter leurs contenus pédagogiques aux priorités de développement actuelles. Le genre en est un. Ainsi, sept (7) écoles de journalisme basées au Mali, au Niger, au Sénégal, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire étaient réunies hier à l’atelier, du fait qu’elles sont toutes des références en matière de formation de journalistes dans leurs pays respectifs et au-delà.
Malgré l’existence d’une diversité de personnes ressources qualifiées dans ces écoles de formation, la question genre n’est pas encore une spécialité encore moins un objet d’enseignement et de recherche dans la plupart des écoles de journalisme. A cet effet, Birame Faye, coordonnateur régional médias à l’Institut Panos Afrique de l’Ouest, déclare : «L’angle abordé, c’est principalement de former les futurs journalistes à mieux prendre en compte la dimension genre dans leurs productions médiatiques. Je fais allusion aux articles, aux reportages radio et télévision, etc. Mais ce n’est pas la représentativité des femmes ou les problèmes que rencontrent les femmes dans les médias en tant que personnes. Il s’agissait de travailler sur le plan éditorial et de former les futurs journalistes à mieux prendre en compte la dimension genre qu’on observe dans le contenu médiatique des rédactions. Donc le résultat principal qui est attendu du séminaire, c’est que ce module ‘’Journalisme sensible au genre’’, qui sera présenté par le Cesti, soit discuté et approuvé par les écoles de journalisme. Et les amener à proposer un plan d’action visant à intégrer ce module dans les curricula de formation par les autorités compétentes.»
Interrogée sur la question de la représentativité des femmes dans les médias, l’enseignante-chercheuse au Cesti, Fatoumata Bernadette Sonko, admet que «les femmes sont bien représentées dans les médias, mais le traitement du sujet portant sur elles pose un problème, car on ne sent pas la compétition. Et ça c’est compréhensible, parce que la culture des médias est masculine. Puisque, c’est un curricula masculin, les femmes sont souvent volontairement minorées et parfois même involontairement. Elle ajoute que les femmes ne sont pas que des victimes, mais elles sont aussi des actrices dans beaucoup de domaines». A titre d’exemple, selon Bernadette Sonko, «sans les femmes, il y a beaucoup de familles qui vont s’effondrer dans le pays. Elle rappelle que si l’on prend l’exemple de la hiérarchisation des informations, ou de décider quelle information sera prioritaire pour être diffusée, d’habitude on ne cherche pas à voir si c’est à cause des préoccupations des femmes. Et du côté de la culture des sources, on doit souvent faire référence à des hommes parce que les femmes sont souvent réticentes. Et il y a toute une socialisation différenciée qui fait que les femmes d’habitude, on ne les voit pas, on ne les entend pas, elles ne s’expriment pas dans les médias et ça pose problème».
Abordant dans le même sens, Mme Diana Senghor, directrice générale de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest, s’interroge sur le rôle et la place que ces journalistes (femmes) du Mali, du Niger, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ont joués dans la couverture médiatique de la crise du Covid-19. Elle a décliné le pourcentage occupé par les femmes pendant la période de la crise du Covid-19 dans ces pays respectifs : Côte d’Ivoire (3,03%), Sénégal (4,38%), Mali (3,10%), Niger (1,47%).
Stagiaire

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