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Touché par le calvaire des populations, le Président Sall a demandé au ministre de l’Intérieur d’enclencher le Plan Orsec (Orga­nisation des secours) en faveur des victimes des fortes pluies tombées dans plusieurs régions du pays. «J’exprime ma solidarité à tous ceux qui ont eu des sinistres durant ces abondantes pluies du week-end. J’ai demandé au ministre de l’Intérieur de déclencher le plan Orsec», a annoncé Macky Sall qui a vu les images des citoyens pataugeant dans les eaux. C’est le sinistre décor dans plusieurs quartiers de Dakar qui n’ont pas pu avaler les eaux de ces dernières heures.
Dans la banlieue dakaroise, plusieurs familles ont passé la nuit du samedi à dimanche à belle étoile, regardant les biens précieux qu’ils ont amassés flotter sur les eaux. Les chambres sont vidées, les biens électroménagers endommagés, des bâtiments effondrés. Des routes et ruelles impraticables. Sous la pluie battante, les sinistrés qui ont mis entre parenthèse les mesures barrières, édictées dans la lutte contre le Covid-19, tracent des sillons pour évacuer les eaux.
A Guédiawaye, Pikine, aux Parcelles Assainies, Diamaguène Sicap Mbao, Yeumbeul Nord/Sud, Keur Massar, à Guinaw-Rails où un corps sans vie a été repêché du tunnel du Ter, les mêmes efforts sont multipliés, les mêmes comportements dupliqués partout. Alors que l’incertitude ronge les sinistrés. «C’est notre première nuit de tristesse de cette année. Nous avons passé la nuit à la belle étoile. Vous avez constaté vous-mêmes les dégâts», se désole El Hadji Guèye, père de famille, retrouvé à Gounass assis sur un parpaing, attendant l’arrivée d’un charretier pour transporter ses bagages encore sous les eaux.
A Wakhinane-Nimzatt, Kha­dim Camara a tout perdu : ses meubles, sa moquette, son frigo au sol, ses habits sont trempés. Il a dû trouver de l’espace sur sa terrasse même si le ciel menace d’ouvrir ses vannes. «C’est la première fois que nous vivons pareille situation. Nous ne sommes pas contents de nos autorités locales. Ce Plan Orsec va à nouveau enrichir certains. Nous l’avons vécu en 2005, et tout le monde sait que cela n’a servi à rien et n’a pas soulagé les populations», soutient Aziz Fall, notable à Yeumbeul Asecna.
Cette situation réveille les traumatismes de 2005 alors que tout le monde pensait que le calvaire des inondations était conjugué au passé. Si le ciel a été plus clément ces dernières saisons, l’Etat avait entrepris de nombreux investissements dans le secteur de l’assainissement. Mais les dernières précipitations sont venues rappeler la fragilité de la situation.

Pdgi de 750 milliards F Cfa
Il faut savoir que l’Etat a mis en place un Programme décennal de gestion des inondations (Pdgi), calqué sur la période 2012-2022. D’un montant de plus de 750 milliards de F Cfa, il prévoit l’amélioration de la connaissance des zones d’inondation, le relogement des populations sinistrées, la planification, l’aménagement des villes et un important «aspect relatif au renforcement de la résilience des villes qui consiste, entre autres, à réaliser des ouvrages de drainage d’eaux pluviales». En 2018, «plus de 65 mille ml de réseaux de drainage, plus d’une dizaine de stations de pompage et plus d’une vingtaine de bassins de rétention ont été réalisés», détaille l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas).
De grands travaux ont été réalisés à Ouest-Foire, Grand-Yoff, Dalifort, Wakhinane-Nimzatt, Yeumbeul, Médina Gounass, Djeddah Thiaroye Kao, Keur Mbaye Fall, Guinaw Rail Nord, Diamaguène Sicap-Mbao, Tivaouane-Diaksao, Guinaw Rail Sud, Thiaroye Gare, Bambey, Touba et Fatick, qui ont coûté environ 149 milliards de F Cfa. Au lendemain des pluies, la plupart de ces quartiers ont été touchés par les averses de ce week-end.
D’autres zones qui ont bénéficié de ce plan, avec la réalisation de nouveaux ouvrages comme le doublement de la conduite de refoulement de la station de pompage de Keur Niang à Touba, l’extension et la densification des réseaux des eaux pluviales de Colobane-Rebeuss et de Yoff, n’ont pas été épargnées. Dans ses efforts, l’Etat a mis en place le système de drainage des eaux pluviales du cimetière de Thiaroye, du quartier Gouye Mouride à Rufisque, de la Cité Soleil à Dakar, des communes de Fatick, de Sédhiou, de Kaffrine et de Kaolack pour un montant de plus de 15 milliards de F Cfa. Evidemment, ce n’est pas suffisant, comme le montrent les images insoutenables d’une capitale qui ressemble à n’importe quel autre village sénégalais.

 

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