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Invité du Forum de l’Anps ce samedi, le président de la Fédération sénégalaise de handball, Seydou Diouf, est revenu sur l’urgence de la mise en place du Fonds national de développement du sport.

Où en est-on avec le Fonds national de développement du sport ? Cette structure en charge de financer le sport sénégalais tarde toujours à voir le jour. Invité du Forum de l’Anps ce samedi, le président de la Fédération sénégalaise de handball est revenu sur l’importance de ce dossier qui, selon lui, doit être déterré.
Répondant à une question sur la promesse du président de la République de porter le budget du sport à 1% du budget national, Seydou Diouf est en effet allé plus loin. «Le budget alloué au sport est une question importante. C’est vrai que le Président Macky Sall, lorsque nous l’avons rencontré au Grand Théâtre, avait pris l’engagement de porter le budget du sport à 1% du budget national. Mais personnellement, et cela peut vous surprendre, je suis plus orienté vers l’application et la finalisation des textes portant Code du sport avec notamment la mise en place du Fonds national de développement du sport», souligne le patron du hand sénégalais.

Le chantier du Fonds de développement du sport est plus important…
Et Seydou Diouf d’argumenter : «Je pense que ce chantier du Fonds de développement est plus important. En réalité, même si dans la Loi de finances initiale le montant alloué au sport est un affichage, il ne faut jamais oublier, si on ne prend que le foot par exemple, pratiquement le financement de toutes ses campagnes est hors-budget initial du ministère des Sports. Aujourd’hui, on dit que le ministère des Sports a un budget de 15 milliards Cfa. Mais dans la pratique, à la fin de l’exercice budgétaire, ce montant est dépassé de très loin parce que toutes les campagnes du foot, du basket, du handball, c’est-à-dire les disciplines collectives qui nécessitent beaucoup plus de ressources, sont prises en charge directement par le ministère des Finances avec des allocations nouvelles au ministère des Sports. Donc ce budget est très souvent dépassé.»
Selon le président de la Fédé de hand, par ailleurs député à l’Assemblée nationale, «on devrait se mobiliser honnêtement sur le Fonds national de développement du sport avec une claire identification des postes budgétaires qu’on devrait allouer à ce Fonds, complété par des apports ; je ne sais pas si ce sont des collectivités territoriales, mais en tout cas du sponsoring et du mécénat, avec des mécanismes incitatifs dans le Code général des impôts. Je pense qu’on serait dans un système de financement avec un panier où il y aurait plusieurs apports. Mais aujourd’hui, si on dit 1% du budget national, on a le même problème sur la santé. L’Oms a prédit 15% du budget national pour la santé. Ce n’est pas le cas au moment où on disait qu’on avait 40% sur l’éducation.»

«Si le sport doit
avoir 1% du budget national, je préfère aussi que les crédits augmentent chaque année»
La position de l’honorable député est que «si le sport doit avoir 1% du budget national, je préfère aussi que les crédits augmentent chaque année, au lieu de nous dire vous allez être figés sur 1%», soutient-il. Avant de conclure : «C’est une lecture que j’ai. Le Fonds national de développement du sport avait fait l’objet d’une réflexion. Je crois que c’est ce qu’il faut remettre sur le taquet. Qu’on essaie de voir comment réfléchir au financement du sport de manière globale, mais pas uniquement axé sur le concours de l’Etat.»
Une transition vite trouvée pour aborder les conséquences financières liées au Covid-19 concernant le sport sénégalais qui attend toujours l’appui de l’Etat. «J’ai eu une bonne discussion avec le ministre des Sports. Et ce qui semble être un oubli va être très bientôt corrigé. Des dispositions sont prises pour corriger cela», a révélé M. Diouf. Qui reconnaît que toutes les disciplines, y compris le handball, sont touchées. A l’image du football professionnel, avec des salaires à payer malgré la suspension des championnats des Ligues 1 et 2.
Le mouvement sportif, victime comme tout le monde des effets de la crise sanitaire, se sent «oublié» par l’Etat qui semble donner la priorité aux autres secteurs d’activités, a constaté le parlementaire qui dirige la Commission chargée de l’économie et des finances à l’Assemblée nationale.

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