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Pendant que les mélomanes de la capitale savouraient des notes de «mbalakh», de «wango» ou même de «pathianga», du côté des îles du Saloum, le rap et le reggae régnaient en maître. Pour marquer le passage à la nouvelle année, des artistes pratiquant ces deux genres musicaux se sont réunis le temps d’un concert à Foundiougne. Occasion pour dénoncer également les maux de la localité.

Foundiougne, ville du centre-ouest du Sénégal, a enterré 2018 dans l’allégresse. Le terrain de basket de la localité a servi de cadre à un concert regroupant rappeurs et reggae men. Ce show a été utilisé comme tribune par les chanteurs pour dénoncer les difficultés auxquelles Foundiougne est confrontée. Se réclamant apolitiques, ces artistes qui se sont relayés au micro n’ont pas manqué d’être critiques à l’endroit des politiciens qui ne «cherchent qu’à capter des voix en vue de la prochaine Pré­sidentielle du 24 février prochain». C’est le cas du jeune reggae man Carbi qui a touché du doigt la pénurie d’eau dont souffrent les habitants de la ville depuis quelque temps. Des désagréments causés par les travaux du pont de Foundiougne. Ne se contentant pas d’être l’initiateur de ce spectacle, Kéba Diagne alias Gargo est monté sur scène pour égayer ses fans à travers des chansons qui participent à conscientiser sur la non-violence et décourager ceux qui seraient tentés de verser dans la violence à la veille de la prochaine Présidentielle que les plus sceptiques prédisent comme lourde de tensions. En plus d’un titre 31 décembre pour ouvrir le bal, la Justice, la Voix du Peuple et la Paix en Casamance ont été offerts au nombreux public par Gargo qui est par ailleurs chauffeur-mécanicien. Après avoir flirté avec le rap, Gargo, qui tient son surnom des chauffeurs de taxi qui faisaient appel à ses services pour réparer leurs voitures, s’est lancé dans le reggae il y a deux ans et travaille actuellement avec son staff pour lancer son premier album.
Un autre musicien, en l’occurrence Jean Charles Coly alias J-CO, a tenu en haleine le public. Ce dernier fait du rap et de la dance-hall, musique apparue en Jamaïque à la fin des années 70 en tant que variante du reggae. Monté sur scène une heure après que minuit a sonné pour annoncer l’avènement de la nouvelle année 2019, J-CO a de faux airs de Nit Doff. «A chaque fois, on me compare à Nit Doff. Je n’ai jamais rencontré ce rappeur, mais je suis ce qu’il fait. Il fait de très bonnes choses. J’apprécie son style et je m’y retrouve. Je souhaite le rencontrer un jour», indique le jeune musicien de 32 ans. Abordant des thèmes éducatifs, J-CO dispose d’un large répertoire. Tenant la passion de la musique de son grand frère rappeur, Edouard Coly, qu’il accompagnait lors de ses prestations, l’artiste basé à Foun­diougne dit avoir accusé du retard pour mettre une production sur le marché après dix ans de carrière à cause d’un manque de structure en charge des musiciens qui vivent dans le centre-ouest du Sénégal. Foun­diougne moy sougnou paradise, entendez (Foundiougne est notre paradis), sera le titre du premier album que J-CO envisage de mettre à la disposition des mélomanes en 2019. Et avant de venir dans la capitale sénégalaise, J-CO, titulaire d’une Licence en gestion de projet, compte sur sa moto Jakarta pour arrondir ses fins de mois.
ambodji@lequotidien.sn

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