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Faire en sorte que l’alimentation scolaire dans notre pays soit désormais assurée par des contributions volontaires des communautés comme c’est le cas actuellement dans le département de Foundiougne : Telle est la volonté exprimée jeudi dernier par le ministre de l’Education nationale Serigne Mbaye Thiam qui, après avoir visité des champs communautaires destinés à alimenter ce que l’on appelle ici le «Grenier scolaire», a invité les uns et les autres à s’inspirer de ce modèle.

Expérimenté dans le département de Foundiougne, le concept de «Grenier scolaire» permet aujourd’hui d’assurer une alimentation correcte aux écoliers de cette localité de la région de Fatick. Séduit par cette trouvaille de l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Foundiougne, le ministre de l’Education nationale souhaite que cette expérience puisse faire tache d’huile à travers le pays. Aussi, lors de la visite de terrain qu’il a effectuée jeudi dernier dans les communes de Nioro Alassane Tall et Djilor, en compagnie de l’Inspecteur d’académie (Ia) de Fatick, Mamadou Niang, a-t-il invité tous les villages, toutes les collectivités territoriales ainsi que toutes les Ief à s’inspirer de cette alternative des «Greniers scolaires» pour continuer l’alimentation des élèves à l’école. Pour lui, l’importance de l’alimentation scolaire n’est plus à démontrer. «L’alimentation scolaire apparaît comme une réponse structurée à la demande sociale et aux menaces que font peser sur le système éducatif la vulnérabilité, la sous-alimentation et la malnutrition», a fait savoir Serigne Mbaye Thiam. Selon qui il ne peut toujours pas y avoir de santé ni d’éducation de qualité pour tous quand des enfants vont à l’école sans prendre le petit-déjeuner ou sont parfois contraints de passer la journée sans espérer manger quelque chose. «Des recherches empiriques ont établi depuis longtemps que l’alimentation scolaire augmente directement les effectifs et réduit aussi le décrochage scolaire. Sur le plan nutritionnel, les repas scolaires renforcent le régime alimentaire des écoliers et contribuent à la réduction des carences nutritionnelles lorsqu’ils contiennent suffisamment de micronutriments et sont accompagnés d’une éducation à la nutrition…», a-t-il ajouté.
Le concept de «grenier scolaire», né en 2014 consécutivement au retrait du Programme alimentaire mondial (Pam) du département de Foundiougne, fonctionne sur la base des contributions volontaires des parents en denrées alimentaires locales (maïs, mil, arachide, riz, haricots). Dans certains cas, des champs communautaires sont cultivés pour les alimenter durablement. C’est le cas à Dantakhoune, dans la commune de Nioro Alassane Tall, où les populations ont aménagé une superficie de 10 ha répartis en 4 champs de mil, 1 de maïs, 1 d’arachide et 1 de niébé. Tandis qu’à Sadioga, dans la commune de Djilor, ce sont 6 ha de terres qui sont mis en valeur pour produire de l’arachide (2,5 ha), du maïs (1 ha) et du mil (2,5 ha). Après avoir visité ces champs, Serigne Mbaye Thiam a répondu favorablement aux doléances des populations en leur promettant un soutien en matériels et intrants agricoles.
Ailleurs comme dans les îles de Moundé et de Djinack Bara, ce sont les produits de la pêche qui sont vendus pour alimenter correctement ces «greniers scolaires» qui ont depuis lors bénéficié à 3 430 écoliers.
dndong@lequotidien.sn

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