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Christine Lagarde, devant la Cour de justice de la République, le 12 décembre 2016.

Bruno Bézard, l’ancien directeur de l’Agence des participations de l’Etat français, a été entendu ce mercredi 14 décembre par la Cour de justice de la Répu­blique (Cjr) et s’en est pris directement aux arguments de Christine Lagarde en faveur de l’arbitrage.

Bruno Bézard ne mâche pas ses mots. Le recours à l’arbitrage, c’était la pire des solutions, un choix tout simplement contraire, dit-il, aux intérêts de l’Etat. Et le haut fonctionnaire du ministère des Finances s’explique : «Nous n’étions pas hostiles à l’arbitrage par conservatisme mais, il le martèle, n’était pas dans l’intérêt de l’Etat de recourir à une justice privée, d’autant, ajoute-t-il, que la Cour de cassation venait de nous donner raison.»
Amer, Bruno Bézard le confesse : «On sentait bien que toutes les forces d’une partie de l’appareil d’Etat tiraient dans le sens d’un arbitrage, malgré notre position.» Il indique qu’il a multiplié les notes très claires d’avertissement à la ministre. Lui ont-elles été transmises ? Il laisse planer un doute. «Le cabinet, dit-il, opère toujours un filtre.»
En revanche, ce haut fonctionnaire a des mots très durs à l’égard de la décision de Christine Lagarde de renoncer à un recours en annulation de cette sentence arbitrale. Devant une décision aussi scandaleuse, même si nous n’avions aucune chance sur mille de gagner ce recours, dit-il,  il fallait le tenter. La Cour appréciera si ce choix politique constitue une négligence. Mais Bruno Bézard fait part de sa conviction. Beaucoup de choses, conclut-il, sont très étonnantes dans ce dossier.
Patrick Maisonneuve, l’avocat de Christine Lagarde a vivement réagi à ce témoignage. «S’il estimait que c’était un scandale d’Etat, lorsqu’on a son bureau à 30 mètres du bureau de la ministre, ne peut-on pas demander un rendez-vous s’il y a urgence, si c’est aussi considérable que ça en termes de risques, pour rencontrer la ministre ? Il ne l’a pas fait. Certains membres de la Cour lui ont demandé pourquoi ? Il a répondu qu’il ne l’a pas fait», estime-t-il.
Toutefois il faut souligner que Stéphane Richard ne témoignera pas au procès de Christine Lagarde. Le Pdg d’Orange a décidé de ne pas se présenter devant la Cour de justice de la République. Stéphane Richard, ancien directeur de Cabinet de Christine Lagarde au ministère de l’Economie, est mis en examen dans l’affaire de l’arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. Son absence conforte la position de la présidente du Fmi qui soutient que son collaborateur avait la haute main sur le dossier Tapie.

rfi.fr

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