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En France, la Cour des comptes ne présente son rapport sur les finances publiques que ce jeudi 29 juin, mais les détails ont déjà fuité dans la presse. Les Sages taclent sévèrement l’ère Hollande : déficit public au-dessus de 3%, sous-budgétisation de certaines dépenses, mais aussi la recapitalisation d’Areva ont fait bondir les dépenses de l’Etat.

La France a pris des engagements de réduction de son déficit vis-à-vis de Bruxelles, mais selon la Cour des comptes, elle ne les tiendra pas. Les Sages de la rue Cambon font état d’un trou de neuf milliards d’euros cette année qui pourrait atteindre 17 milliards l’an prochain. Dans un document de 200 pages que s’est procuré le Canard enchaîné, la Cour, fait rare, dénonce surtout «des éléments d’insincérité» dans la gestion des comptes.Il y a eu, en effet, un certain nombre de dépenses sous-budgétées durant le dernier quinquennat, notamment les emplois aidés dont le coût pourrait être revu à la hausse. Ensuite, la régularisation des avoirs fiscaux étrangers n’a rapporté qu’un milliard d’euros au lieu des 2 milliards budgétés par l’équipe précédente.La recapitalisation d’Areva pose également problème. Le sauvetage du groupe nucléaire, en grande difficulté, n’a pas encore eu lieu. Mais l’Etat actionnaire s’est engagé à débloquer une grosse enveloppe qui pourrait creuser le déficit de quelque 2,3 milliards supplémentaires. L’audit complet que les Sages de la rue Cambon dévoileront au public devrait pointer d’autres dérapages budgétaires et autant de remontrances pour l’équipe sor­tante.Stéphane Le Foll, ancien porte-parole du gouvernement Hollande, conteste vivement l’accusation «d’insin­cérité». L’an­cien ministre de l’Economie, Michel Sapin, en revanche, minimise l’affaire. Il affirme au Canard avoir gelé dix milliards d’euros de crédit en prévision de l’écart entre les comptes du pays et les engagements européens. Seulement, il avait juste oublié de signifier ce détail aux Sages, pointe le journal satirique.Toujours est-il que le nouveau gouvernement, qui a commandé cet audit, dispose désormais d’arguments solides pour justifier des mesures d’économie. Il se réunit en séminaire à Nancy en fin de semaine.
rfi.fr

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