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L’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, qui parait ce mercredi 31 mai 2017, poursuit ses révélations sur les opérations immobilières du nouveau ministre de la Cohésion des territoires, lorsqu’il était Directeur général des Mutuelles de Bretagne. L’hebdomadaire a mis la main sur un document qui fragilise sérieusement la défense de Richard Ferrand, qui assure néanmoins qu’il ne démissionnera pas.

L’affaire portant sur les opérations immobilières du nouveau ministre de la Cohésion des territoires commence en janvier 2011, lorsque le directeur général des Mutuelles de Bretagne et son Conseil d’administration se réunissent pour choisir un site censé accueillir un nouveau centre de soins à Brest.
Dans un premier temps, le Dg agit seul : il trouve un local et signe un compromis de vente en son nom. Mais une clause prévoit déjà l’entourloupe, indique ce mercredi Le Canard enchainé.
En effet, la vente ne sera effective que si les Mutuelles signent un bail avec une Société civile immobilière (Sci). Le directeur propose l’affaire à son conseil d’administration, sans préciser qu’il s’est lui-même porté acquéreur d’un bien.
Sandrine Doucen, sa compagne, entre alors en scène. Elle crée une Sci, récupère le compromis de vente et signe le bail avec les Mutuelles. Gain : un demi-million d’euros en 15 ans, les loyers encaissés couvrant le prêt intégral accordé par sa banque.

Le Monde aux basques aussi
Pour Le Canard enchaîné, Richard Ferrand est donc bien l’architecte, même s’il a mis un soin particulier à masquer son véritable rôle. Les documents publiés révèlent en effet son souci absolu de discrétion à toutes les étapes de la procédure.
De son côté, Le Monde, dans une enquête fouillée, accuse par ailleurs le ministre, un proche de la première heure du Président Macron, de mélange des genres entre affaires privées et vie publique.
Le «quotidien du soir» affirme que Richard Ferrand, directeur des Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012, a fait bénéficier de plusieurs contrats des proches, dont son ex-femme et son actuelle compagne.

Richard Ferrand dément tout
Député socialiste par la suite, il a déposé une proposition de loi favorisant les intérêts du monde mutualiste alors qu’il était toujours rémunéré par les Mutuelles de Bretagne – il n’était plus Dg à ce moment.
Il a par ailleurs embauché, comme assistant parlementaire, indique encore le quotidien Le Monde, le compagnon de celle qui lui a succédé à la tête des mêmes Mutuelles de Bretagne, sans le signaler.
Des allégations auxquelles Richard Ferrand a voulu répondre point par point dans un communiqué, affirmant n’avoir rien à cacher ni à craindre de la transparence. Sa démission n’est donc pas à l’ordre du jour.
rfi.fr

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