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Il était encore le Premier ministre de la gauche au pouvoir il y a six mois. Il n’est même plus membre du Parti socialiste désormais. Manuel Valls a «bouclé la boucle» ce mardi 27 juin 2017, en annonçant qu’il quittait la formation de la rose, dont il était membre depuis 37 ans. L’ancien «premier flic de France» veut être membre de la majorité présidentielle de Emmanuel Macron, a-t-il assuré sur l’antenne de Rtl.

«Une partie de ma vie politique s’achève. Je quitte le Parti socialiste, ou le Parti socialiste me quitte», a déclaré ce mardi chez nos confrères de Rtl l’ancien ministre de l’Intérieur et chef du gouvernement de Hollande. Non sans évoquer sa «tristesse» et son «amertume» à la vue de ce qu’est devenu le parti qu’il avait rejoint en 1980, Manuel Valls trace désormais sa route, après avoir précipité un schisme.
«C’est pour ça que je veux gagner», avait-il lancé pendant le débat de la primaire organisée par le Ps en janvier dernier. Alors candidat, Manuel Valls s’était ainsi engagé à soutenir le vainqueur du scrutin. Mais après sa défaite au deuxième tour face à Benoît Hamon, il avait finalement peu à peu délaissé son camp, pour appeler à voter Emmanuel Macron dès le premier tour de la Présidentielle.
Six semaines après l’accession de son ancien ministre de l’Economie à la présidence de la République, le voilà redevenu simple député. Son siège, il l’a récupéré sur le fil face à une candidate du mouvement La France insoumise qui conteste son élection. Qu‘à cela ne tienne, il cherche désormais un collectif. «Je ne siègerai pas dans un groupe où il y aurait des ambiguïtés, où on ne voterait pas la confiance au gouvernement», prévient-il.
Manuel Valls n’a pas l’ombre d’une hésitation, ce ne sera pas le groupe Ps : «Moi, dit-il, je voterai la confiance au gouvernement le 4 juillet prochain», promet-il. Aussi, l’ancien Premier ministre pourrait finalement siéger comme député apparenté du groupe La République en marche. Sans être formellement membre du groupe, mais en bénéficiant des avantages logistiques de ce dernier.
La droite continuation d’une campagne législative alambiquée
Initialement investi à Evry par le Parti socialiste, Manuel Valls avait perdu le soutien de ce dernier, en raison de son appel à voter Macron pendant la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Mais il n’avait pas reçu pour autant le soutien du parti du chef de l’Etat en retour.
Au final, ni sa formation ni La République en marche n’avaient cependant voulu lui opposer un rival aux Législatives, lui laissant voie libre en vue de sa réélection. De moins en moins entre deux chaises, l’ancien homme fort des gouvernements Hollande l’assume clairement : il entend siéger «dans la majorité».
«J’ai adhéré il y a 37 ans. J’avais écrit à Bertrand Delanoë à l’époque, qui exerçait des responsabilités au sein du Ps, en lui demandant si un jeune étranger, parce que j’étais espagnol à l’époque, pouvait adhérer au Parti socialiste. Il m’avait dit oui», rappelle l’ancien Socialiste français.
rfi.fr

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