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Les «anti-suppression» des trois langues n’ont pas tout à fait tort d’avancer l’apport de ces pays dans l’Education. C’est l’Italie qui l’a prouvé, vendredi, à l’occasion de la 16ème édition de la semaine de la langue italienne dans le monde. La ville de Pontedera a ainsi offert aux étudiants du département de langues romanes de l’Ucad, un important lot de matériel didactique constitué de 10 ordinateurs, de 500 livres et d’un libre accès à la bibliothèque virtuelle de ladite ville. Présent à cette rencontre, l’ambassadeur d’Italie au Sénégal Francesco Paolo Venier, s’est prononcé sur la décision du gouvernement du Sénégal de supprimer l’enseignement de l’italien, de l’allemand et du russe dans les collèges.

C’est la 16ème édition de la semaine de la langue italienne dans le monde. La ville de Pontedera offre, dans ce cadre, aux étudiants de l’Ucad, notamment ceux du département de langues romanes un important lot de matériel. Qu’est-ce qui sous-tend cette donation ?
Cette donation faite par la ville de Pontedera à l’Ucad avec l’accompagnement de l’ambassade d’Italie est un événement significatif qui marque une étape importante de la coopération entre nos deux pays. Cette donation, faite aux étudiants de la section italienne et constituée d’un lot de 10 ordinateurs, de 500 livres, du matériel multimédia, l’accès gratuit à la bibliothèque virtuelle de la ville de Pontedera, soutient en effet l’apprentissage de notre langue dans la section italienne de la Faculté des lettres et des sciences humaines. Il s’agit d’une réponse généreuse de la municipalité de Pontedera aux besoins du département, des étudiants et des enseignants d’italien. La mairie soutient l’Ucad et le département de langues romanes se joint aux efforts quotidiens de l’Etat italien pour la diffusion et l’enseignement de la langue italienne au Sénégal.
La semaine de la langue italienne intervient dans un contexte où le gouvernement du Sénégal a décidé de supprimer trois langues au niveau du collège dont l’italien. Comment voyez-vous cette décision ?
Je ne pense pas qu’on puisse parler de suppression. Il y aura encore une réflexion à faire, j’en suis sûr. D’autres collègues qui s’occupent de la diffusion de leurs langues ici au Sénégal ont l’intention de mener une action pour voir si on arrive à revoir cette décision, que l’on comprend tout à fait parce qu’il s’agit d’une décision qui relève du fait que le Sénégal doit prendre un chemin qui va vers l’émergence. Et donc, dans ce chemin, il a besoin de gens qui soient formées sur le numérique, les techniques, entre autres. Mais on a encore, peut-être, la possibilité de sauver quelque chose parce que, même dans une société qui va vers l’émergence et qui a besoin de cadres techniques, on peut encore avoir de l’espace pour les langues, les sciences sociales et les cultures humanistes. Je suis donc confiant qu’avec les autres, on pourra revoir cette décision. De toute façon, l’italien, comme les autres langues, l’espagnol, le portugais, l’allemand, reste une langue vivante au Sénégal. Et on le remarque dans cette soirée où vous avez pu entendre un étudiant d’italien qui parlait un excellent italien sans avoir jamais mis les pieds en Italie.
Donc cette suppression ne dégradera en rien les bonnes relations diplomatiques entre le Sénégal et l’Italie ?
Non. Je ne vois aucune raison pour que les relations diplomatiques entre nos deux pays se dégradent. Au contraire, ces relations sont excellentes, et elles le resteront. Et il y a davantage d’espaces pour les développer.

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