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36 jours après l’élection présidentielle, Barthélemy Dias décèle les «manœuvres» qui ont conduit à la victoire à la fois «étonnante et ahurissante» de Macky Sall au premier tour avec 58,26%. En 7 points, Dias-fils a mis à nu les tripatouillages du fichier électoral. D’abord, dans l’attribution d’un code d’identification à chaque centre d’état civil, ce proche de Khalifa Sall souligne que «l’audit du fichier électoral a permis de déceler des incohérences flagrantes». Il dit : «Pour le cas du centre principal de la ville de Dakar code (751), des dizaines de milliers de cas suspects ont été décelés car leurs lieux de naissance sont différents de Dakar et ne sont pas dans des cas de transcription conformément à l’article 44 du Code de a famille». A titre d’exemple, le maire de Mermoz-Sacré Cœur cite 3 exemples dont Khadidiatou Thioube née à Bargny mais déclarée à Dakar sur le fichier électoral. «Une vérification du registre de 1998 nous donne Odile Adélaïde Diouf né le 27 janvier 1998 à Dakar», a dénoncé Barthélemy Dias lors un point de presse samedi. Ensuite, l’ancien député socialiste constate dans le fichier électoral des numéros de carte d’identité antérieurs à la création du centre d’état civil. Ainsi, déplore M. Dias, «des milliers de numéros de cartes d’électeur antérieurs à 1996 ont été décelés à Keur Massar». Il prend l’exemple de l’électeur Sanou Faye né et déclaré à Keur Massar sur le fichier électoral. «C’est impossible dans la mesure où le centre d’état civil de Keur Massar n’a été créé qu’à partir de 1996», précise Barthélemy Dias.

Le mépris du ministre de l’Intérieur
Les cas des communes de Boké Dialoubé et de Agnam dans le département de Podor ont été analysés. Barthélemy Dias indique qu’à Boké Dialoubé, dirigée par Abdoulaye Daouda Diallo, 381 inscriptions ont été notées en 2013, 533 en 2014, 929 en 2015, 204 en 2016, 874 en 2017, soit un total de 2921 cas en 5 ans. «C’est impossible. Le Tribunal départemental de Podor ne peut pas traiter 2921 cas dans une des 22 communes en 5 ans», soutient-il. Enfin, M. Dias a déploré l’attribution de «doublons sur le fichier électoral en mode bis-repetita des électeurs dont le lieu de naissance est Sénégal». A la lumière de son argumentaire, Barthélemy Dias «comprend pourquoi le Président Macky Sall a toujours refusé de livrer le fichier à l’opposition». Selon lui, ces «anomalies» ont permis du candidat du pouvoir «d’insérer dans le fichier près d’un million d’électeurs n’ayant même pas d’acte d’état civil valable». «La prestation de serment du 2 avril (demain) ne reposera sur aucune légitimité électorale et surtout sur aucune crédibilité républicaine», déduit-il.
Dans la foulée, Barthélemy Dias annonce une plainte contre le ministre de l’Intérieur, le Directeur général des élections, le directeur de la Direction de l’automatisation des fichiers et certains hauts magistrats «complices » pour «faux et usage de faux et association de malfaiteurs». Il compte saisir l’Union des magistrats du Sénégal, la Société civile et certaines organisations de défense des droits de l’Homme. Contacté par la Rfm, Aly Ngouille Ndiaye dit avoir dépassé la question relative à l’organisation de l’élection présidentielle.
bgdiop@lequotidien.sn

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