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Depuis un an, la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Ucad fonctionne sans ses salles de classe et ses amphithéâtres. Au grand dam de ces milliers d’étudiants et des enseignants qui continuent de faire leurs cours dans des «abris provisoires».

A la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), l’ambiance n’est pas propice aux études. L’atmos­phère peu commode. L’environ­nement n’augure pas une année scolaire apaisée. Au lieu d’un département entièrement rénové, c’est un bâtiment en ruine dont disposent enseignants et utilisateurs. Aux amphis, ce sont les bouts de zinc qui campent le décor et obstruent le chemin qui mène aux amphithéâtres de la Fsjp. A l’entrée, au niveau du bâtiment administratif, le personnel est aussi délogé. Il a laissé place aux ouvriers qui tentent de redonner vie aux lieux pour le plus grand bonheur des étudiants. Là-bas, les débris des verres et de bois jonchent les allées. Le chantier ne donne aucun signe de vie et n’annonce pas la tenue d’activités pédagogiques dans de bonnes conditions. Pourtant, cela représente un déficit de 7 500 places pour la Fsjp. Ce qui n’enchante ni les enseignants encore moins les étudiants.
Pour les enseignants, la non-disponibilité des infrastructures pédagogiques est source de grève. Parce que, selon Dally Diouf, coordonnateur du Saes, section Ucad, les autorités avaient pris l’engagement de les livrer à la fin du mois de novembre et elles sont toujours en cours de rénovation. Pis, à cause de ces rénovations, la faculté fonctionne avec 7 500 places de moins. «Il y a certaines infrastructures qui devaient être livrées en fin novembre, d’autres assujetties à des délais administratifs. Donc, on se demande quand est-ce que nous pourrons disposer de ces infrastructures vu qu’elles ont été fermées il y a plus d’un an ?», se demande-t-il. Pourtant, à en croire M. Diouf, l’administration avait estimé la durée des travaux à 8 ou 9 mois. Cependant, si les enseignants ont leur voix pour dénoncer les conditions de travail précaires, les étudiants eux se sentent impuissants et sacrifiés. Pour Amy Ndao, étudiante à la Fsjp en première année, ce n’est pas normal qu’ils n’aient toujours pas de salles pour suivre leurs cours parce que les amphithéâtres ne sont pas disponibles au moment où l’Etat a démarré «la construction de l’arène nationale» pour les lutteurs. «Les lutteurs présagent-ils un avenir meilleur que les étudiants, sont-ils devenus l’espoir de demain au point que l’Etat décide de construire l’arène pendant que nous, étudiants, faisons nos cours dans des abris provisoires ?» Ce sont les questions que se pose amèrement l’étudiante.
msfaye@lequotidien.sn

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