PARTAGER

Condamner sans équivoque l’agression subie par un journaliste en Gambie. C’est la demande formulée par Reporters sans frontière (Rsf) au Président Barrow. D’après cette organisation, Adama Barrow doit condamner cet acte commis par ses sympathisants afin d’envoyer un message fort pour le respect des  droits de l’Homme et de la liberté d’expression.

Reporters sans frontière (Rsf) demande au Président Barrow de condamner l’acte de violence subi par le journaliste de Foroyaa Kebba Jeffang lors d’une conférence de presse. Pour Rsf, le successeur de Yahya Jammeh doit condamner un tel acte afin d’envoyer un message fort à ses sympathisants et à tous les Gambiens. Dans une lettre ouverte adressée au Président Adama Barrow, le Secrétaire général de Rsf l’appelle à donner les gages de diriger le pays dans le respect de la  démocratie et de la liberté d’expression. «Il est pour nous essentiel que vos concitoyens ne doutent pas qu’une ère nouvelle, marquée par le respect de la liberté de la presse et le refus de la moindre violence envers les journalistes, a bien commencé sous votre mandature», a-t-il déclaré. Dans son document Rsf rappelle que lors d’une conférence de presse tenue le 5 mars dernier et animée par les ministres des Affaires étrangères, de l’Intérieur et du Tourisme, «le journaliste de Foroyaa Kebba Jeffang a été violemment pris à partie par des militants». Ce dernier, souligne-t-on, avait simplement posé «une question sur un éventuel éclatement» de la coalition du Président Barrow «à l’approche des élections législatives». C’est ainsi que des sympathisants du Président Barrow «l’ont expulsé de la salle, frappé et ont déchiré ses habits». Pour cette organisation, «ce type de comportement arbitraire ne peut être passé sous silence». D’après son Secrétaire général, Christophe Deloire, «cela reviendrait à tolérer et laisser impunies les violences commises contre les journalistes, à l’image de ce Yahya Jammeh, dont le long mandat a été marqué par des atteintes répétées aux droits de l’Homme et à la liberté d’expression».
Par ailleurs, dans sa lettre ouverte, Rsf est revenu sur les différentes exactions dont les journalistes ont été victimes sous le régime de Yahya Jammeh. «La liberté d’information a trop souvent été bafouée, les communications coupées ou censurées, les journalistes agressés, arrêtés, torturés, condamnés à mort ou assassinés. Certains, comme Chief Ebrimah Manneh, ont disparu sans qu’aucune enquête sérieuse n’ait abouti, laissant une blessure profonde dans leur famille», a-t-on rappelé dans le document. Tout en saluant la volonté du Président Barrow « d’enquêter sur ces exactions, et l’arrestation le 2 mars d’un militaire suspecté de l’assassinat en 2004 de Deyda Hydara, le co-fondateur du journal The Point», Rsf souhaite que «ces efforts portent des fruits tangibles et ne restent pas des gestes de bonne volonté». En outre, l’organisation qui lutte pour la liberté de la presse insiste aussi «sur l’urgence d’abolir la loi contre la sédition». Cette loi, d’après Rsf, «a trop souvent servi à emprisonner les journalistes et à contraindre la liberté d’expression». De même, il est demandé la réforme de «la loi relative à l’information et aux communications ainsi que le code pénal, amendés de façon restrictive en 2013, afin que les journalistes ne puissent plus être emprisonnés pour des raisons professionnelles».
dkane@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here