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L’ancien Président gambien a été cité comme l’instigateur de l’assassinat du journaliste Deyda Hydara en 2004. Lieutenant Malick Jatta, qui a fait partie du commando, a faits ses aveux devant la Commission vérité et réconciliation en Gambie en affirmant que l’ex-despote avait donné l’ordre pour que l’ancien correspondant de l’Afp soit éliminé.

Les vérités enfouies commencent à jaillir grâce aux travaux de la Commission vérité et réconciliation en Gambie. Le témoignage du lieutenant Malick Jatta marque les premiers aveux publics liant l’ancien Président gambien au meurtre du journaliste Deyda Hydara. Dans sa déclaration, reprise par le site Aljeera et plusieurs agences de presse, il a accusé Yahya Jammeh d’avoir ordonné l’assassinat du journaliste Deyda Hydara en 2004 et reconnu être impliqué dans l’affaire.
Pour rappel, M. Hydara était le rédacteur en chef et cofondateur du quotidien indépendant The Point, correspondant de l’Afp et Reporters sans frontières. Il a été tué par des hommes armés non-identifiés dans son véhicule en décembre 2004 dans la banlieue de la capitale, Banjul. Le lieutenant Malick Diatta en face des enquêteurs en audience publique ce lundi, explique : «Nous avons ouvert le feu, Alieu Jen, Sana Majang et moi-même.» Selon la même source, le lieutenant a nommé deux autres officiers militaires responsables du meurtre d’Hydara : «Notre commandant, le capitaine Tumbul Tamba, communiquait par téléphone avec l’ancien Président Yahya Jammeh pendant l’opération. Il lui a dit: ‘Oui, votre excellence’», a-t-il déclaré. Jatta a confié à la commission que son commandant lui avait remis une enveloppe contenant des dollars. Selon lui, il s’agissait d’un «signe d’appréciation du grand homme», une référence à Jammeh. En effet, il a déclaré devant la commission que «je suis certain que c’était de l’ancien Président. Tumbul n’avait aucune source de financement».
D’ailleurs, Jatta a déclaré qu’une des voitures utilisées lors de l’assassinat provenait de la flotte de Jammeh et était normalement garée dans l’ancien garage de l’autocrate à Kanifing, près de Banjul. Il a dit qu’ils avaient tendu une embuscade à Hydara et étaient partis, mais sans que le nom de leur victime leur soit révélé. Le journaliste était dans une voiture avec deux femmes au moment où il a été abattu. Mais dans une interview à la télévision gambienne, Jammeh avait déclaré que le gouvernement n’avait «aucun intérêt» dans ce meurtre, qui avait ému la Communauté internationale. Il avait laissé entendre que la vie amoureuse de Hydara l’avait conduit à cette tragique fin.
En 2017, des Ong et des familles de victimes tuées sous le régime de Jammeh, y compris le fils de Hydara, ont lancé une campagne internationale visant à traduire en justice l’ancien despote. Pape Babacar Sène, collègue de Hydara et rédacteur en chef de The Point, a déclaré à la commission de la vérité que Hydara avait été tué pour avoir écrit sur la corruption qui régnait en Gambie sous Jammeh : «il a toujours sensibilisé la population sur les pratiques de corruption du régime ainsi que sur les violations des droits qui étaient perpétrées à l’époque», ont déclaré des journaux locaux. Le Comité pour la protection des journalistes (Cpj) a déclaré lundi dans un communiqué que M. Jammeh devrait être extradé vers la Gambie pour y être jugé.
Stagiaire

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