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Le président de la Commission vérité et réconciliation, Lamin Sise, lors d’un discours à Banjul en octobre 2019.

Pour sa dernière audition avant une pause estivale, la Commission vérité et réconciliation s’est heurtée à un mur. Le mur du mensonge. Le «jungler» qui était interrogé a rendu la journée très pénible pour ses interrogateurs et les familles des victimes. Le message que voulait faire passer le ministre de la Justice en libérant trois «junglers» – dites la vérité et vous pourrez être libérés – n’a pas été entendu par tout le monde.

L’Avocat général a dû batailler pendant des heures avec le «jungler» Alieu Jeng pour connaître son implication dans les crimes. Tout au long de la journée, le témoin a accumulé les récits contradictoires au mépris de son serment de dire la vérité. L’Avocat général était désarmé. «Vous nous avez dit que vous aviez changé votre version des faits pour vous protéger. Etait-ce un mensonge ?», a questionné Essa Faal. «Ouais», lui a répondu le «jungler». «C’est la première fois que je vois ça. Donc vous admettez que c’est la troisième fois que vous mentez devant la Commission ?», a répliqué l’Avocat général à Alieu Jeng, qui a avoué avoir menti à plusieurs reprises.

Le manque de preuves fait défaut aux enquêteurs
L’acharnement de l’Avocat général a fini par payer. Alieu Jeng a admis sa participation dans plusieurs crimes dont l’assassinat du journaliste Deyda Hydara, ou le massacre de migrants ghanéens.
Ce n’est pas la première fois que l’avocat doit batailler pour faire avouer les «junglers» et cela révèle certaines faiblesses de la Commission. Le manque de preuves physiques rend les enquêteurs dépendants des témoi­­gnages. Entre eux, les «junglers» peuvent se contredire et s’accuser mutuellement. Sans compter sur la culture du silence soulignée par la devise des «junglers» : «Moins tu en sais, mieux c’est».
Les auditions reprendront le 19 août, Alieu Jeng devra revenir pour poursuivre son témoignage.
rfi.fr

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